LIVRE VI
levaient aussi la taille sur les Saxons qui leur loso étaient échus, soit dans les bourgs, soit hors des ms villes*. C'est ce qu'on appelait, dans le langage des conquérants, avoir un bourgeois ou un Saxon libre ; et, dans ce sens, les hommes libres se comptaient par tète, se vendaient, se donnaient, s'engageaient, se prêtaient, ou même se divisaient par moitié entre Normands*. Le grand rôle dit qu'un certain vicomte avait dans le bourg d'Ipswich deux bourgeois saxons, l'un en prêt et l'autre en nantissement'; et que le roi Guillaume avait, par acte authentique, prêté le Saxon Edwig à Raoul Taille-Bois pour le garder tant qu'il vivrait *.
Beaucoup de querelles intestines dans la nation des vainqueurs pour la dépouille des vaincus, beaucoup d'invasions de Normands sur Normands, comme s'exprime le rôle d'enquête ^ furent aussi enregistrées dans tous les coins de l'Angleterre. Par exemple, Guillaume de Garenne, dans le comté de Bedford, avait dessaisi Gaultier Espec d'un demi-hyde ou d'un demi-arpent de terre, et lui avait enlevé
1. Omnes isti sunt liberi homines Rogerii Bigot, et Normannus teet eos de eo. (Domesday-book, vol. II, p. 341.)
2. Istos liberos homines calumniatur Rogerus de Ramis. (IbiJ., p. 337.) — Invasit Hugo de Corbun. sub Rogerio Bigot medietatem unius liberi bominis. (Ibid., p. 278.)
3. Habet Normanuus ii burgenses^ unum in vadimonio centra eundera et alterum pro debito. (Ibid., p. 438.)
4. Hauc terram tenuit Avigi, et potuit dare oui volait T. R. E. ; liane ei postea W. rex concessit, et per suum brevem Radulfo Tallebosc commodavit, ut eum servaret quamdiu viveret. (Ibid., vol. I, fol. 211, verso.)