LIVRE VII
cée depuis contre Robert, il ne chercha point à le «ost déshériter de ce titre que le vœu des Normands lui avait destiné *. « Quant au royaume d'Angleterre, « dit-il, je ne le lègue en héritage à personne, parce « que je ne l'ai point reçu en héritage, mais acquis « par la force et au prix du sang ^ ; je le remets entre « les mains de Dieu, me bornant à souhaiter que « mon fils Guillaume, qui m'a été soumis en toutes « choses, l'obtienne, s'il plaît à Dieu, et y prospère *. « — Et moi, mon père, que me donnes-tu donc ? lui « dit vivement Henri, le plus jeune des fils *. — Je te « donne, répondit le roi, 5,000 livres d'argent de mon « trésor. — Mais que ferai-je de cet argent, si je n'ai « ni terre ni demeure ^? — Sois tranquille, mon fils, , « et aie confiance en Dieu; soufire que tes aînés te « précèdent ; ton temps viendra après le leur '. » Henri se retira aussitôt pour aller recevoir les 5,000 livres ; il les fit peser avec soin, et se procura un coffre-fort bien ferré et muni de bonnes serrures'. Guillaume le Roux partit en même temps pour se rendre en Angleterre, et s'y faire couronner roi.
Le 10 septembre, au lever du soleil, le roi Guillaume fut éveillé par un bruit de cloches, et demanda ce que c'était ; on lui répondit que l'office de prime