‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 210 sur 268 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

la demande de l'accusé, a Au jour fixé, dit un témoin 1093 a oculaire, tous subirent cette sentence sans misé- «»o^ « ricorde. C'était chose pitoyable à voir ; mais Dieu, « en préservant leurs mains de toute brûlure, mon- « tra clairement leur innocence et la malice de leurs a persécuteurs*.» Quand on vint rapporter au roi Guillaume qu'après trois jours les mains des accusés avaient paru intactes : « Qu'est-ce que cela fait? ré- « pondit-il; Dieu n'est pas bon juge de ces choses; « c'est moi que de telles affaires regardent, et qui « dois juger celle-ci'^. » L'historien garde le silence sur ce nouveau jugement et sur le sort des malheureux Anglais, qu'aucune fraude pieuse ne devait plus sauver. Les Saxons, poursuivis par Guillaume le Roux pour les transgressions aux lois de chasse, encore plus vivement que par son père, n'avaient d'autre vengeance que de l'appeler, par dérision, gardien de bois et berger de bêtes fauves , et de répandre des contes sinistres sur ces forêts, où nul homme de race anglaise ne pouvait entrer armé sans péril de mort. On disait que le diable, sous des formes horribles, y apparaissait aux Normands, et leur parlait du sort épouvantable qu'il réservait au roi et à ses conseillers'. Cette superstition populaire fut accréditée par

1. Prsefixi pœnœ judicii pariter subacti sunt, remota pietate et misericordia. Erat ergo iniseriam videre. (Eadmeri Hist. nov., p. 48, éd. Selden.)

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