LIVRE VII 2b
demain on écrasait; il convoqua les principaux den- noo tre eux, et leur tint le discours suivant: ut«i
« Mes amis et féaux, natifs de ce pays, où je suis i( né, vous savez que mon frère en veut à mon « royaume. C'est un homme orgueilleux, et qui ne « peut vivre en repos ; il vous méprise manifestece ment, vous traite de lâches et de gloutons, et ne «désire que a'ous fouler aux pieds'. Mais moi, <( comme un roi doux et pacifique, je me propose « de vous maintenir dans vos anciennes libertés, et « de vous gouverner d'après vos propres conseils, u avec modération et sagesse*. J'en ferai, si vous le (( demandez, un écrit signé de ma main, et je le conte armerai par serment. Tenez donc ferme pour moi; « car si la bravoure des Anglais me seconde, je ne « crains plus les folles menaces des Normands ^. »
L'écrit promis par le roi aux Anglais, ou, pour parler le langage du siècle, sa charte royale, fut en effet dressé. On en fit autant de copies qu'il y avait de comtés normands en Angleterre, et, pour qu'elle parût plus solennelle, on y appliqua un sceau neuf, fabriqué pour cet usage*. Les exemplaires furent déposés dans la principale église de chaque pro-
1. « Amici et fidèles mei indigenœ ac naturales... vosque scienter quasi contemptibiles, et quos desides vocat et glutones, conculcare desiderat. »(Mattb. Paris, t. I, p. 62.)
2. « Ego vero rex humilis et pacifions... et vestris inclinando consiliis, consultius et mitius... giibernare... » (Ibid.)
3. « Et super bis (si provideretis) scripta subarata roborare et juramentis .. confirmare... Si euim fortitudine Anglorum roborer, inanes Normannorum minas nequaquam ceuseo formidandas. » (Ibid.)
4 Et expedienter fabricato sigillo consiguatœ sunt. (Thomœ Rudbornb Hist. major Winton. .• Anolia sacra. •*. I, p. 274.)