‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 223 sur 268 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

Ce traité priva les Anglais de l'occasion de satis- nos faire impunément leur aversion nationale contre leurs vainqueurs, et de tuer des Normands à l'abri d'une bannière normande. Mais, peu de temps après, cette occasion s'offrit de nouveau et fut avidement saisie.- Robert de Belesme, l'un des comtes les plus puissants en Normandie et en Angleterre, fut cité à l'assemblée générale tenue dans le palais du roi, pour répondre sur quarante-cinq chefs d'accusation'. Robert comparut, et demanda, suivant l'usage, la faculté d'aller librement prendre conseil avec ses amis sur ses moyens de défense ^; mais, une fois hors de l'assemblée , il monta vite à cheval et gagna l'un de ses châteaux forts. Le roi et les seigneurs, qui attendirent vainement sa réponse, le déclarèrent ennemi public, à moins qu'il ne revînt se présenter à la prochaine cour ^ Mais Robert de Belesme, se préparant à la guerre, garnit de munitions et d'armes ses châteaux d'Arundel et de Tickehill, ainsi que la citadelle de Shrewsbury qu'il avait en garde. Il fortifia de même Bridgenorth, sur la frontière du pays de Galles*; et c'est vers ce dernier point que l'armée royale se mit en marche pour l'atteindre.

Il y avait trois semaines que le roi Henri assiégeait Bridgenorth, quand les comtes et les barons normands entreprirent de faire cesser la guerre, et de réconcilier Robert de Belesme avec ce roi. «Car ils

1. ... XLV reatus in factis seu dictis. (Orderic. Vital. Hist. ecclesiast., lib. XI, apud ScrijH rcr. normann., p. 806.)

2. ...Licentiam, ut moris est, eundi ad consiliura cum suis. (Ibid.)

3. ...Nisi ad judicium rectitudinera facturas remearet. (Ibid.)

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