‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 245 sur 268 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

« grand nombre d'hommes n'ont pu se réunir sur ta i-.^ô « personne sans une coopération spéciale de la grâce ( divine, et que, d'ailleurs, tu es parent du dernier .( roi au plus proche degré, nous tenons pour agréa- :< ble tout ce qui a été fait à ton égard , et t'adopu tons spécialement, d'affection paternelle, pour fils « du bienheureux apôtre Pierre et de la sainte <( Eglise romaine'. »

Etienne de Blois était très-populaire auprès des nss Anglo-Normands, à cause de sa bravoure éprouvée \•''i^ et de son humeur affable et libérale. Il promit, en recevant la couronne, de rendre à chacun de ses barons la jouissance libre des forêts que s'était appropriées le roi Henri, à l'exemple des deux Guillaume * . Les premiers temps du nouveau règne furent paisibles et heureux, du moins pour la race normande. Le roi était prodigue et magnifique, il donna beaucoup à ceux qui l'entouraient * ; il puisa largement dans le trésor que le Conquérant avait amassé, et que ses deux successeurs avaient encore accru. Il aliéna ou distribua en fiefs les terres que Guillaume avait réservées pour sa part de conquête, et qu'on appelait le domaine royal ; il créa des comtes et des gouverneurs indépendants dans des lieux administrés jusque-là, pour le profit du roi seul, par les préposés royaux. Geoffroy d'Anjou, mari de Ma-

1. « Te in specialera B. Pétri et sanctœ romane; Ecclesiœ filium. » 'Kpist. Innocent. II papœ, apud Script, rer. gallic. et francic, t. XV, p. 392.)

2. Vovit quod nullius vel clerici vel laïci sylvas in manu sua redncret. (Mattli. Paris, t. I, p. 74.)

3. Cum esset ipse in dando diffusas. (Willelm. Malmesb. Hist. lioc, lib. I, apud Rer. ajujUc. Scripl., p. 176, éd. Savile.)

thilde, s'engagea à rester en paix avec lui, moyennant une pension de cinq mille marcs ; et Robert de Glocester, fils naturel du dernier roi, qui d'abord avait manifesté l'intention de faire valoir les droits de sa sœur, prêta entre les mains d'Etienne le serment de foi et d'hommage '.

]\Iais ce calme ne dura guère, et, vers l'année 1137, plusieurs jeunes barons et chevaliers, qui avaient inutilement demandé au nouveau roi une part de ses domaines et de ses châteaux, commencèrent à s'en emparer à main armée. Hugues Bigot saisit le fort de Norwich ; un certain Robert prit celui de Badington : le roi se les fit rendre ; mais l'esprit d'opposition s'accrut sans relâche du moment qu'il eut éclaté 2. Le fils bâtard du roi Henri rompit subitement la paix qu'il avait jurée à Etienne ; il lui envoya de Normandie un message pour le défier et lui dire qu'il renonçait à son hommage. « Ce qui « excita Robert à prendre ce parti, dit un auteur « contemporain, ce furent les réponses de plusieurs « hommes de religion qu'il consulta, et surtout un « décret du pape, qui lui enjoignait d'obéir au ser- « ment qu'il avait prêté à Mathilde sa sœur, en préce sence de leur père ^. » Ainsi se trouvait annulé le bref du même pape en faveur du roi Etienne ; et la

1. Willelm. Malmesb. Hist. nov., lib. I, apud Rer. anglic. Scripl.. p. 179, éd. Savile.

2. Cœpit ergo deinceps Normaniiorum proditio pullulare. (MattL. Paris, t. I, p. 75.)

3. Hommngio... abdicato... adde quod etiam apostolici decrcîi pivj se tenorem fevebat, prœcipientis iit sacramento, quod prresente pâtre fecerat, obodiens esset. ("VYillelm. I>Ialmesb. Hist. nov., lib. I, aptid Her. anglic. Script., p. 180, éd. Savile.)

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