‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 101 sur 233 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

le baptême, auquel un de ses pareils prétendait avec im dérision s'être présenté vingt fois1.

La retraite des envahisseurs ne se fit que d'une manière incomplète, et la paix qu'ils avaient jurée fut loin d'être observée par eux. Dans les cantonnements où ils étaient disséminés, ils commirent toutes sortes de violences, outragèrent les femmes et tuèrent des hommes2. Leur insolence et leurs excès, irritant au dernier point le ressentiment des indigènes, amenèrent bientôt un de ces actes de vengeance nationale 1003 qu'il est également difficile de condamner et de justifier, parce qu'un instinct noble, la haine de l'oppression, s'y mêle à des passions atroces. Par suite d'une grande conspiration, formée sous les yeux et avec la connivence des magistrats et des officiers royaux, les Danois de la dernière invasion, hommes, femmes et enfants, furent tous, le même jour et à la même heure, assaillis et tués dans leurs logements parleurs voisins ou par leurs hôtes3. Ce massacre, qui fit grand bruit, et dont les circonstances odieuses servirent dans la suite de prétexte aux ennemis de la nation anglaise, eut lieu en l'année 1003, le jour de Saint- Brice. Il ne s'étendit point sur les provinces du nord et de l'est, où les Danois, anciennement établis, formaient une grande partie de la population; mais tous les nouveaux émigrés, à l'exception d'un très-petit

1. Jam vicies liic lotus sum... [Monachus Sancti Gàlli, apud Script, rer. gallic. et fvancic, t. V, p. 134 ) — Chron. saxon , éd. Gibsoi:, p. 127 et seq.

2. Jam post pacem factam... nxores... et filias vi opprimere praesumpserunt. (Matth. Westnionast. Flores hist., p. 200, éd. Francfort 1(301.)

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