Voyez les Lettres sur l'histoire de France, lettre XII
ni furent d'avis de conclure une trêve et de négocier pour la paix.
L'homme le plus capable de mener à bien cette négociation était l'archevêque de Rouen, qui, malgré la différence de religion, exerçait sur Rolf le même genre d'influence que les évêques du cinquième siècle avaient obtenu sur les conquérants de l'empire romain. Ses relations avec les autres évêques et avec les seigneurs de France n'avaient point été interrompues; peut-être même assista-t-il à leurs délibérations ; mais, présent ou absent, il se chargea volontiers de porter et de faire valoir leurs offres de paix. L'archevêque -alla donc trouver le fils de Rognvald, et lui dit : « Le roi Charles vous offre sa « fille en mariage, avec la seigneurie héréditaire de « tout le pays situé entre la rivière d'Epte et la Bre- « tagne, si vous consentez à devenir chrétien et à « vivre en paix avec le royaume l . »
Le Normand ne répondit point, cette fois : « Nous « ne voulons obéir à personne ; » d'autres idées, une autre ambition que celle d'un coureur d'aventures, lui étaient venues, depuis qu'il gouvernait, non plus une bande de pirates, mais un vaste territoire. Le christianisme, sans lequel il ne pouvait marcher l'égal des grands seigneurs de France, avait cessé de lui répugner, et l'habitude de vivre au milieu des chrétiens avait éteint le fanatisme du plus grand nombre de ses compagnons. Quant au mariage, il se croyait
1. Mandans, si christianus efficeretur, tevram maritiraam ab Eptœ flumine usque ad britannicos limites, c m sua filia, nomine Gisla, se ei daturum fore. (Willelm. Gemet. Hist. Normann., apud Srript. rer. normann. , p. 231.)