LIVRE II
monial, les pirates firent de grands éclats de rire, et 912 il y eut un moment de tumulte; mais ce bizarre incident ne produisit rien de fâcheux1.
Deux clauses du traité restaient à remplir, la conversion du nouveau comte ou duc de Normandie, et son mariage avec la fille du roi ; il fut convenu que cette double cérémonie aurait lieu à Rouen, et plusieurs des hauts barons de France s'y rendirent pour accompagner la fiancée. Après une courte instruction, le fils de Rognvald reçut le baptême des mains de l'archevêque, dont il écouta les conseils avec une grande docilité. Au sortir des fonts baptismaux, le néophyte s'enquit du nom des églises les plus célèbres et des saints les plus révérés dans son nouveau pays. L'archevêque lui nomma six églises et trois saints, la Vierge, saint Michel et saint Pierre. — «Et « dans le voisinage, reprit le duc, quel est le plus « puissant protecteur ? — C'est saint Denis, répondit « l'archevêque. — Eh bien, avant de partager ma « terre entre mes compagnons, j'en veux donner une « part à Dieu, à sainte Marie et aux autres saints « que vous venez de me nommer2. » En effet, durant sept jours qu'il porta l'habit blanc des nouveaux baptisés, chaque jour il fit présent d'une terre à l'une des sept églises qu'on lui avait désignées. Ayant repris ses vêtements ordinaires, il s'occupa d'affaires
régis arripiens, deportavit ad os suum, standoque defixit osculum, regemque fecit supinum (Willelm. Geraet. Hist. Normami., apud Script, rer. normann., p. 231.)
1. Itaque magnus excitatur risus, magnusque in plèbe tumultus. (Ibid.)