‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 121 sur 233 · Fleui'V, Histoire ecclésiastique, t. XI, p · texte numérisé non relu

Fleui'V, Histoire ecclésiastique, t. XI, p

912 politiques et du grand partage de la Normandie entre les émigrés norvégiens \

Le pays fut divisé au cordeau, disent les anciens chroniqueurs : c'était la manière d'arpenter usitée en Scandinavie. Toutes les terres désertes ou cultivées, à l'exception de celles des églises, furent partagées de nouveau, sans égard aux droits des indigènes. Les compagnons de Rolf, chefs ou soldats, devinrent, selon leur grade, seigneurs des villes et des campagnes, propriétaires souverains de domaines grands ou petits, Les anciens propriétaires étaient contraints de s'accommoder à la volonté des nouveaux venus, de leur céder la place s'ils l'exigeaient, ou de tenir d'eux leur propre domaine à ferme ou en vasselage. Ainsi les serfs du pays changèrent de maîtres, et beaucoup d'hommes libres tombèrent dans la servitude de la glèbe. De nouvelles dénominations géographiques résultèrent de cette répartition de la propriété territoriale, et l'usage attacha dès lors à un grand nombre de domaines les noms propres des guerriers Scandinaves qui les avaient reçus en lots2. Quoique l'état des gens de métiers et des paysans différât peu en Normandie de ce qu'il était en France, l'espoir d'une plus complète sécurité, et le mouvement de vie sociale qui accompagne d'ordinaire une domi-

1. Willelm. Gemet. Hist. Nonnann., apud Script, rer. normann.,

2. Ainsi Angoville, Bomeville, Grimonville, Hérouville étaient les possessions territoriales d'Ansgod, Biorn, Grim, Harald, etc. Les anciennes chartes présentent ces noms sous une forme plus ou moins correcte. Voyez le Mémoire de M. de Gerville sur les noms des lieux en Normandie, Mémoires de la Société royale des antiquaires de France, t. VII.

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