‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 125 sur 233 · Li paisan e li vilain · texte numérisé non relu

Li paisan e li vilain

Cil del boscage e cil del plain...

Par vinz, par trentaines, par cenz, Unt tenuz plusurs parlemenz.

(Roman de Rou, t. I, p. 303.)

2. Ibid., p. 304 et suiv. — Chronique des ducs de Xormandie. par Benoît de Sainte-Maure, édit. de M. Francisque Michel, t. II, p. 390 et suiv.

(( tons-nous hors de leur pouvoir ; nous sommes des 907 « hommes comme eux, nous avons les mêmes mem- « bres, la même taille, la même force pour souffrir, « et nous sommes cent contre un. Jurons de nous « défendre l'un l'autre ; tenons-nous tous ensemble, « et nul homme n'aura seigneurie sur nous ; et nous « serons libres de péages ; et nous pourrons couper a des arbres, prendre le gibier et le poisson, faire en « tout notre volonté, aux bois, dans les prés et sur « l'eau 1 . »

Ces appels au droit naturel et à la force du plus grand nombre ne manquèrent point leur effet, et beaucoup de gens des bourgades se firent l'un à l'autre le serment de tenir ensemble et de s'aider contre qui que ce fût2. Une grande association de défense mutuelle s'étendit sur toutes les campagnes, et réunit, sinon la masse entière, du moins la classe agricole de la population indigène. Les associés

1. Juxta suos libitus viyere decevnebant, quatenus tam in silvarura compendiis quam in aquarum commerciis, nullo obsistente ante statuti juris obice, legibus uterentur suis. (Willelm. Gemet. Hist. Normarm., apud Script, rer. normann., p. 249.) — J'ai rapproché de ce passage, et fondu ensemble, des traits empruntés à Wace et à Benoît de Sainte-Maure. Quoique postérieur d'un siècle et demi à l'événement, leur témoignage a tout au moins pour nous h\ valeur a' un récit traditionnel.

Page 1