LIVRE II
nourri pour la table de ses vainqueurs '. Mais la io.o demeure du Saxon était l'hôtellerie du Danois : l'étranger y prenait gratuitement le feu , la table et le lit ; il y occupait la place d'honneur comme maître2. Le chef de la famille ne pouvait boire sans la permission de son hôte, ni demeurer assis en sa présence. L'hôte insultait à son plaisir l'épouse, la fille, la servante 3, et si quelque brave entreprenait de les défendre ou de les venger, ce brave ne trouvait plus d'asile ; il était poursuivi et traqué comme une bête fauve ; sa tète était mise à prix comme celle des loups ; il devenait tête de loup, selon l'expression anglosaxonne 4 ; et il ne lui restait plus qu'à fuir vers la demeure des loups, qu'à se .faire brigand dans les forets contre les conquérants étrangers et les indigènes qui s'endormaient lâchement sous le joug de l'étranger.
Toutes ces souffrances, longtemps accumulées, »*« produisirent enfin leurs fruits, à la mort du roi Hardeknut, qui arriva subitement au milieu d'un festin de noces. Avant que les Danois se fussent assemblés
pitii régis. (Henrici Knyghton , de Event angl, lib. I , cap. xxvi, apud Hist. anglic. Script., t. II, col. 2326, éd. Selden.)