‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 159 sur 233 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

gieuse ! ; celui-ci répondit qu'on devait faire en tout 1027 point la volonté du prince; la chose fut accordée, dit i^i le vieux poëte, et la nuit et l'heure convenues'2. La jeune Normande s'appelait Arlète, nom corrompu en langue romane de l'ancien nom danois Herleve; le duc Robert l'aima beaucoup, et l'enfant qu'il eut d'elle fut élevé avec autant de soin que s'il eût été fils d'une épouse 3.

Le jeune Guillaume n'était encore âgé que de sept ans, lorsque son père fit le vœu d'aller en pèlerinage à pied jusqu'à Jérusalem, pour la rémission de ses fautes. Les barons de Normandie voulurent retenir le duc Robert, en lui représentant qu'il serait mal pour eux de demeurer sans chef : « Par ma foi, « répondit le duc, je ne vous laisserai point sans « seigneur. J'ai un petit bâtard qui grandira et sera «prud'homme, s'il plait à Dieu, et je suis certain « qu'il est mon fils. Recevez-le donc pour seigneur; « car je le fais mon héritier, et le saisis dès à présent « de tout le duché de Normandie \ » Les barons firent ce que souhaitait le duc Robert, parce que cela leur convenait, dit la vieille chronique 5; ils jurèrent fidé-

1. Ne fust un suen frère, un sainz hom, Qu'il out, de grand religion...

(Chroniques des ducs de Normandie, par Benoît de Sainte- More, t. II, p. 55B.)

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