‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 164 sur 233 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

frappés. Edward refusa d'abord ; d'autres messages 1052 se succédèrent, et, durant ces retards, Godwin eut peine à contenir l'irritation de ses amis ' . De son côté, le roi trouva les hommes qui restaient sous ses drapeaux peu disposés à en venir aux mains avec des compatriotes 2. Ses favoris étrangers, qui prévoyaient que la paix entre les Saxons serait leur ruine, le pressaient de donner le signal du combat; mais, la nécessité le rendant plus sage, il cessa d'écouter les Normands, et consentit à ce que voudraient résoudre les chefs anglais des deux partis. Ceux-ci se réunirent sous la présidence de Stigand, évêque de Winchester, homme doué au plus haut degré de patriotisme et de résolution. Ils décidèrent d'un commun accord que le roi devait accepter de Godwin et de ses fils le serment de paix et des otages, en leur offrant de son côté des garanties équivalentes3.

Au premier bruit de cette réconciliation, les courtisans de Normandie et de France 4 montèrent à cheval en grande hâte, et s'enfuirent de différents côtés. Les uns gagnèrent vers l'ouest un fort gardé par le Normand Osbern, surnommé Pentecoste, d'autres coururent vers un château du nord, commandé aussi

1. Recusavit aliquandiu rex, imo eousque donec populus, qui cuva comité fuit, ira esset admodum commotus in regem et in illius populum, adeo ut ipse cornes segre suos sedaret. (Chron. saxon., éd. Gibson, p. 167.)

2. Angli pugnare adversus suos popinquos ac compatriotas pœne omnes abhorrebant. (Roger de Hoved., loc. sup. cit.)

3. Tune congregati sunt, Dei auxilio, Stigandus episcopus et viri prudentes tum intra urbem tum extra, et decreverunt ut pax obsidibus confirmaretur ex utraque parte. (Chron. saxon., éd. Gibson, p. 167.)

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