‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 178 sur 233 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

étrangère à ce qu'il y avait de faux dans la situation mb présente^ mit avec bonheur sa main dans la main de l'hôte de son père, qui plaisait à tous et qu'elle aimait ' . Peu de jours après, Harold repartit, emmenant avec lui son neveu, mais laissant son jeune frère Wulfnoth au pouvoir du duc de Normandie. Guillaume l'accompagna jusqu'à la mer et lui fit de nouveaux présents, joyeux d'avoir, par surprise, arraché à l'homme d'Angleterre le plus capable de nuire à ses projets, la promesse solennelle, appuyée d'un serment terri- "ble, de le servir et de l'aider 2.

Lorsque Harold, de retour dans son pays, se présenta devant le roi Edward, et lui raconta ce qui s'était passé entre lui et le duc Guillaume, le roi devint pensif et dit : « Ne t'avais-je pas averti que je « connaissais Guillaume, et que ton voyage attirerait « de grands malheurs sur toi-même et sur notre na- « tion ? Fasse le ciel que ces malheurs n'arrivent pas durant ma vie 3 ! » Ces paroles et cette tristesse sembleraient prouver qu'en effet, par entraînement et par imprudence, Edward avait fait jadis à un enfant étranger la promesse d'une royauté qui ne lui appartenait pas. On ne peut dire si, depuis son avènement, il avait entretenu par de nouvelles paroles l'espérance ambitieuse de son cousin maternel ; mais,

1. Anglum viderat et dilexerat. (Orderic. Vital. Hist. ecclesiast., lib. V, p. 573.)

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