‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 186 sur 233 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

mée, et fit la guerre au roi de Norvège, afin de le 1066 déposséder. Il prétendait avoir des droits héréditaires sur ce royaume ; mais reconnaissant bientôt la difficulté de le conquérir, il fit la paix avec le premier occupant, sous la condition d'un partage ; et dans cet arrangement, le trésor du fils de Sigurd fut divisé entre eux, de même que le territoire de Norvège. Afin cle gagner à ses projets ce roi fameux par ses richesses et son courage, Tosti l'aborda avec des paroles flatteuses : « Tout le monde sait, lui dit-il, qu'il « n'y a jamais eu dans le Nord un guerrier égal à « toi ; tu n'as qu'à vouloir, et l'Angleterre t'appar- « tiendra l. » Le Norvégien se laissa persuader, et promit de mettre sa flotte en mer aussitôt que la fonte annuelle des glaces aurait rendu l'Océan libre 2. En attendant le départ de son allié de Norvège, Tosti vint tenter la fortune sur les côtes septentrionales de l'Angleterre, avec une bande d'aventuriers rassemblés en Frise, en Hollande et dans le pays flamand. Il pilla et dévasta quelques villages ; mais les deux grands chefs des provinces voisines de l'Humber, Edwin et Morkar, se réunirent, et, poursuivant ses vaisseaux, le forcèrent de chercher une retraite sur les rivages de l'Ecosse 3. Pendant ce temps, le roi Harold, fils de Godwin, tranquille dans les contrées méridionales de l'Angleterre,

1. Omnibus notum est in terris septentrionalibus natum non esse bellatorem fortitudine tibi parem. (Saga af Haraldi Hardrada, cap. lxxxii ; Snorre's Heimskriugla, t. III, p. 149.)

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