LIVRE III
férents sens, l'on décida que le fils d'Osbern, qui iocg connaissait les facultés de chacun, porterait la parole pour excuser l'assemblée de la modicité de ses offres i .
Les notables normands retournèrent vers le duc, et le fils d'Osbern parla ainsi : « Je ne crois pas qu'il « y ait au monde des gens plus zélés que ceux-ci ; « vous savez les aides qu'ils vous ont fournies, les « services onéreux qu'ils vous ont faits; eh bien, sire, « ils veulent faire davantage ; ils se proposent de « vous servir au delà de la mer comme en deçà.
« Allez donc en avant, et ne les épargnez en rien ; « tel qui jusqu'à présent ne vous a fourni que deux « bons combattants à cheval, va faire la dépense du « double n- ! ... » — « Eh ! non ! eh ! non ! s'écrièrent à la « fois les assistants , nous ne vous avons point « chargé d'une telle réponse ; nous n'avons point dit « cela, cela ne sera pas ! Qu'il ait affaire dans son « pays , et nous le servirons comme il lui est dû ; « mais nous ne sommes point tenus de l'aider à con- « quérir le pays d'autrui. D'ailleurs, si nous lui « faisions une seule fois double service, et si nous le « suivions outre mer, il s'en ferait un droit et une « coutume pour l'avenir ; il en grèverait nos enfants ; « cela ne sera pas, cela ne sera pas ! ! ! » Les groupes de dix, de vingt, de trente personnes, recommencè-
1. Chronique de Normandie ; Recueil des hist. de la France, t. XIII, p. 225. — Henrici Huntind. Hist., lib. VI, apud Rer. anglic. Script., p. 367, éd. Savile.
2. Chronique de Normandie; Recueil des hist. de la France, t. XIII p. 226. — Roberti de Monte Appendix ad Sigebertum, apud Script, rer. gallic. et francic, t. XI, p. 168.