‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 28 sur 233 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

« pas J a loi de Dieu? leur disait-il; parce que je ne veux 497 « pas trois dieux, vous dites que je ne professe pas 5Si a la loi de Dieu1. » Et quand ils insistaient, en prouva ni [tarie texte des livres saints la vérité de la foi catholique, il répondait : « Si votre foi est la vraie, « pourquoi vos évèques n'empêchent-ils pas le roi « des Franks, qui m'a déclaré la guerre, de s'allier à c mes ennemis pour me détruire • ?»

L'entrée des Franks sur les terres des Burgondes 501 suivit de près cette question qui ne pouvait avoir de réponse ; ils signalèrent leur passage par le meurtre et l'incendie ; ils arrachèrent les vignes et les arbres à fruits, pillèrent les couvents, enlevèrent les vases sacrés et portèrent la dévastation dans les villes de la Saône et du Rhône3. Après une bataille san- 5?! glante, où les Burgondes furent défaits, le roi Gon- 507 debald, réduit à l'extrémité, se soumit aux vainqueurs, qui lui imposèrent le tribut, et retournèrent au nord de la Loire avec un immense butin4. Six ans après cette expédition commença la guerre contre les Visigoths, qui eut de même le double caractère d'invasion barbare et de guerre de religion.

1. « ... Nonne legera Dei profiteor? Sed quia nolo très deos, dicitis quia non profiteor legem Dei-.. » (Collatio episcoporum, coram Gundebaldo rege, apud Script, rer. cjallic. et francic, t. IV, p. 100.)

2. « ... Si vestra fides est vera, quare episcopi vestri non impediunt regem Francorum, qui mihi bellum indixit, et se cum inimicis meis sociavit, ut me destruerent?... » :'Ibid.)

3. «... Venerunthi Barbari super nos, utnobis interemtis regionem totam evertant. (Greg. Turon. Hist. Franc, lib II, cap. xxxn, apud ibid., t. II, p. 178.)

4. Chludowicus verc ablatis tbesauris, cum praaia maxima, et Francorum exercitu, ad propria est reversus. (Vit a S.. Bemigiii, apud.lbid.^ t. III, p. 378.)

Chlodowig assembla ses guerriers dans un vaste champ, et leur dit : «Il me déplaît que ces Goths, qui « sont ariens, occupent la meilleure partie des Gau- « les; allons sur eux avec l'aide de Dieu, et chassons- « les ; soumettons leur terre à notre pouvoir : nous « ferons bien, car elle est très-bonne1. » La proposition plut aux Franks, qui l'approuvèrent et, pleins de joie, se mirent en marche vers la bonne terre du m midi2. Il y avait déjà longtemps que, dans les provinces gauloises qui formaient le royaume des Visigoths3, le haut clergé s'était rendu suspect de connivence avec l'ambition des tribus frankes. Dans l'année même du baptême de Chlodowig, Yolusianus, évèque de Tours, et, six ans après, son successeur Verus, compromis tous les deux par des intrigues en faveur de cette cause, avaient été privés de leurs sièges et envoyés en exiP. Quand la guerre commença, l'évèque de Rhodez, Quintianus, venait

1. « Satis mihi molestum est quod Gothi ariani partem optimam Galliarum tenent. Eamus cum Dei auxilio, et ejiciamus eos de ipsa terra, nostrisque eamditionibus subjiciamus, quia valde bona est. (Gesta reg. Franc, cap. XVII, apud Script, ver. gallic. et fronde., t. II, p. 553.)

2. Clinique placuisset omnibus liic sernio, commoto exercitu Pictavis divig.it... (Greg. Turon. Bist. Franc , lib. II, cap.xx.xvn, apud ibidv p. 181.)

3. Les deux Aquitaines, la première Xarbonnaise ou Septimanie, et la Novempopulane.

4. ... In cujus loco Volusianus , unus ex senatoribus, subrogatus est. Sed a Gottbis suspectus habitas... (Greg. Turon. Bist. Franc, lib. II, cap. xxvi, apud ibid., p. 174. — Hujus tempore jam Chlodovechus regnabat in aliquibus urbibus in Galliis. Et ob banc causam bic pontifex suspectus habitus a Gottbis, quod se Francorum ditionibus subdere vellet, apud urbem Tbolosam exsilio condemnatus... (Ibid., hb. X, p. 386.) — Octavus ordinatur episcopus Verus, et ipse pro memoratœ causa? zelo suspectus babitus a Gottbis, in exsilium deductus, vitain rinivit... (Ibid., p. 387.;

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