‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 49 sur 233 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

mandèrent qu'un second synode fût tenu où ils vien- 601 (Iraient eli plus grand nombre x. 5|]4

La chose fut ainsi résolue, et à cette nouvelle conférence vinrent les sept érêquôs de la nation bre tonne avec beaucoup de prêtres et d'autres hommes considérés pour leur piété et leur savoir2. La plupart appartenaient au grand monastère de Bangor, espèce de cité religieuse divisée en sept quartiers dont chacun renfermait une église et des logements pour trois cents moines3. Il parait que ces hommes graves et d'une bonne foi parfaite n'avaient pas de parti pris irrévocablement sur ce qui allait se débattre pour la seconde fois. Chrétiens orthodoxes en même temps que Bretons dans le cœur et voulant rester l'un et l'autre, ils étaient agités par des sentiments contraires. D'une part, les vieilles coutumes de la nation leur semblaient un patrimoine moral à défendre contre l'étranger, et leur conviction du droit de propriété de la race indigène sur le pays se liait à l'idée que l'archevêque des Bretons était, de droit exclusif, primat de toute la Bretagne; d'une autre part, le titre de légat du siège apostolique leur inspirait du respect,

1. Tum Britones confitentur quidem intellexisse se verain esse viam justitiœ quam prœdicaret Augustinus, sed non se posse absque suorum consensu ac liceutia priscis abdicare moribus. Unde postulabant, nt secundo synodus pluribus advenientibus fieret. (Bedœ Hist. ecclesiast. gentis Ânglor.j lib. II, cap. ijj p. 111.)

2. Quodcum esset statutum, venerunt (ut perliibentj septem Britonum episcopi, et pluves viri doctissimi maxime de nobilissimo eorum monasteno quod vocatur lingua Angloi-um Bancornaburg... (Ibid.)

3. ... In quo tantus fertuv fuisse mimerus monacborum, ut cum in septem portiones esset cum prepositis sibi rectoribus monasterium divisum, huila harum portio minus quam trecentos hoiriihes baberet... Ibid., p. 113.)

60l et la pensée d'un schisme avec celui qui portait ce <o4 titre et avec le corps entier de l'Église leur répugnait vivement.

Dans leur perplexité, avant de se rendre à l'assemblée, ils allèrent trouver un saint personnage, qui menait auprès de Bangor la vie d'anachorète, pour le consulter sur ce qu'ils avaient à faire1. « Devons- « nous, lui demandèrent-ils, abandonner nos tradi- « tions nationales et nous conformer à la prédication « d'Augustin? — Si c'est un homme de Dieu, répondit « l'anachorète, vous ferez bien de le suivre. » Ils reprirent : « Et quel sera pour nous le moyen d'en « avoir la preuve? » L'anachorète répliqua : « Le y Seigneur a di£: Portez mon joug et apprenez de moi « que je suis doux et humble de cœur. Si donc cet a Augustin est doux et humble de cœur, il faut « croire qu'il porte lui-même le joug du Christ et « qu'il vous l'offre à porter. Si au contraire il est « rude et orgueilleux, il sera certain qu'il n'est pas « homme de Dieu et que nous n'avons à tenir aucun « compte de sa parole2. »

Quand les Bretons arrivèrent au lieu de la conférence, les Romains s'y trouvaient déjà, et à leur entrée Augustin, sinon par une intention de mépris,

1 . ... Qui ad prœfatum itnri concilium, venerunt primo ad quemdam virum sanctum ac prudentem, qui apud eos anacboreticam ducere solebat vitam : cousuleutes, au ad pi-rcdicationem Àugustini suas deserere traditiones debereut...- (Bedee Hist. ecclesiatt. gentis Anglor., lib. II, cap. il, p. 111.)

2. Si ergo Augustiuus ille mitis est et humilis corde, credibile est quia jugum Cbristi et ipse portet, et vobis portandum offerat. Sin autem iiuraitis ac superbus est, constat quia non est de Deo, neque nobis ejus sermo curandus. (Ibid. , p. 112.)

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