LIVRE PREMIER 9j
cher ftûe OQjiSQlatian suprême ou se fortifier par 616 lV-pérance d'un secours obtenu d'en haut. La dernière nuit qu'il devait passer chez les Saxons, il fît dresser son lit dans l'église de Saint-Pierre etSainr- Paul, bâtie à Canterbury par l'ancien roi. Il y pris longtemps avec larmes, avant de se coucher et de s'endormir1, et ici le narrateur ecclésiastique place des faits qui appartiennent à la légende, non à l'histoire. Ce qui toutefois semble constant, c'est qu'au matin," lorsque l'archevêque se présenta devant le roi Edbald pour prendre congé de lui, un grand et heureux changement parut dans les dispositions du roi. Par une soudaine émotion ou par un sentiment plus réfléchi, il eut regret de laisser partir cet homme qu'il avait vu si grand auprès de son père, et que lui-même, en dépit de son paganisme, vénérait profondément2. Il invita Laurentius à demeurer, rappela Justus et Mellitus, et demandant à recevoir le baptême, il prohiba toutes les pratiques d'idolâtrie que sa connivence avait fait renaître3. La foi se ranima pour ne plus s'éteindre sur la rive gauche de la Tamise; mais sur l'autre rive, dans le royaume des Saxons orientaux, le paganisme restauré persista, et
1. .3 assit ipse sibi nocte in ecclesia beatorum apostolorum Pétri et Pauli... stratum parari, in quo cum post multas preces ac lacrymas ad Deum pro statu Ecclesiœ fusas, ad quiescendum membra posuisset atque obdormisset... (Bedœ Hist. ecclesiast. genlis Anglor., lib. II, cap. vi, p. 123.)
2. ... Mox mane facto venit ad regem... Qui raultum miratus et inquirens, quis tanto viro taies ausus esset plagas infligere... (Ibid.,
3. Atque anatbematizato omni idololatriai cultu... suscepit ridem Christi, et baptizatus ecclesiœ rébus quantum valuit in omnibus considère ac favere curavit. (Ibid.)
6i6 les gens de Londres refusèrent d'accueillir de nouveau Mellitus, leur premier évèque1. Celui-ci resta dans le pays de Kent, auprès de Laurentius, dont plus tard il fut le successeur dans le siège archiépiscopal.
6t6 Peu d'années après ces événements, une sœur
626 du roi Edbald, nommée Ethelberghe2, fut mariée au roi païen du Nortlmmberland3, Edwin*, successeur d'Ethelfrith. La nouvelle épouse partit du pays de Kent accompagnée d'un membre de la mission romaine, appelé Paulin, qui fut d'avance ordonné archevêque d'York, selon le plan du pape Grégoire, et dans cette espérance "que la femme serait l'instrument de la conversion du mari. Le roi Edwin laissa son épouse professer la religion chrétienne, sous la direction de l'homme qu'elle avait amené, et dont les cheveux noirs et le visage brun et maigre étaient un objet de surprise pour la race à chevelure blonde des
626 habitants du pays5. Lorsque la reine Ethelberghe devint mère pour la première fois, et que le roi Edwin en remercia ses dieux en présence de Paulin, celui-ci se mit à rendre grâce au Christ souverain seigneur, et assura le roi que c'était lui-même qui,
1. Mellitum vero Londonicnses cpiscopum recipere noluerunt , idololatris pontificibus magis servire gaudeutes. (Bedœ Hist. ccclesiast. gcntis Ânglor.. lib. II, cap. vi, p. 124.)
2. Alias JEthel-byrg . Mthel, noble; burg, burgh, burh,b\jrh, herg, sécurité, protecteur, protectrice.
3. En saxon, Northan-hymbra-land, le pays au nord de l'Huruber. Voyez plus liant, p. 38.
4. Alias Ead-win. Ed, heureux; u>in, chéri, et aussi vainqueur.
5. ... Vir longœ statur», paululum incurvus, nigro capillo, facie niacilenta, naso adunco perteuui, venerabilis sirnul et terriblis aspectu. (Bedœ Hist. ecclesiast. genlis Anglor., lib II, cap. XVI, p. 149.)