Voyez plus haut, p
4. Quo enim nunc fugiam, qui per omnes Britannise provincias tôt anuorum temporumque curriculis vagabundus hostium vitabam insidias ? (Bedœ Hisl. ecclesiast. gentis inglor., lib. II, cap. xn, p. 137.)
sa mauvaise destinée, il n'eut pas même la volonté m de fuir et s'assit machinalement sur une pierre du 628 chemin1.
Au milieu du silence de la nuit, oppressé qu'il était par des tourments d'esprit sans issue, soit qu'un sommeil d'accablement lui fût Venu peu à peu, soit que son imagination échauffée par le désespoir l'eût jeté dans une sorte d'extase, il vit ou crut Voir un homme inconnu do visage et d'aspect s'approcher de lui et l'aborder en disant2 : « Je sais qui tu es, « pourquoi tu es triste, et quels malheurs prochains « tu redoutes. Dis-moi quelle récompense tu voudrais « donner à eeîui qui te délivrerait de cette affliction. « — Tout ce qui sera jamais en mon pouvoir, » répondit le jeune prince. L'inconnu reprit : « Et si « quelqu'un te promettait en Vérité que tu seras roi à a la mort de tes ennemis, et roi supérieur en puisce sauce à tous tes ancêtres, que lui donnerais-tu? » Edwin répondit : « J'aurais pour lui une reconnais- « sauce digne d'un tel bienfait; » L'inconnu répliqua : « Si celui qui peut te prédire sûrement tout ce bonci heiif pouvait aussi te montrer la meilleure voie « pour ta vie et te donner de meilleurs conseils que « n'en ont jamais reçu tes pères ni tes pafents, l'écoucc terais-tu et voudrais-tu obéir à ses commandece ments? » Edwin le promit, et l'apparition, étendant
1. ... Remansit Edwinus solus foris; rèsidensque itiœstus ante palatium multis cœpit cogitationum œstibus affici,quid ageret, quove pedem verteret nescius. (Beda? Hist. ecclesiast. geiitis Anglor., lib. II, cap. xn, p.138.) — ...Solusipsemœstusin lapide pervigil sederet. IMd., p. 138.)
2. Cilmque cliu tacitis mentis angoribus et cwcd carperetnr igné, vidit subito intempestœ noctis silentio appropinqunntem sibi honjinem vultus habitusque incogniti. (Ibid.)
626 la main droite et la lui posant sur la tête, lui dit : 628 « Quand un pareil signe se représentera à toi, rap- « pelle-toi ce moment et ces discours l. » Au matin, un des amis du jeune prince, qui le cherchait et qui venait du palais, lui apprit que sa vie était sauve, que la reine, épouse de Redwald, avait par ses prières détourné son mari de la pensée de violer envers un proscrit les droits de l'hospitalité- C'était l'accomplissement de la première parole, et dans sa joie Edwin en fut profondément frappé. Il vit s'accomplir la seconde lorsqu'à la mort d'Ethelfrith il devint roi, non pas seulement de ses États paternels, mais de tout le pays situé entre le Forth et l'Humber. Restait la troisième parole, qui, plus que jamais, lui revint à la pensée dans ses perplexités sur le choix à faire entre deux religions2.
628 Un jour qu'il était seul dans son appartement, la porte s'ouvrit tout à coup, et il vit venir à lui un personnage marchant gravement comme celui du songe, qui s'approcha, et lui posa la main sur la tête en disant : « Reconnais-tu ce signe ? » C'était Paulin, à qui une révélation intérieure, selon l'historien ecclésiastique, et plus vraisemblablement les conversations de la reine Ethelberghe, avait appris la mystérieuse aventure d'où sortait le moyen infaillible de
1. Quo accepto responso. coufestim is qui loquebatur cura eo imposuit dexteram suam capiti ejus, âicens : Cura hoc ergo tibi signum advenerit, memeuto hujus temporis ac loquelœ nostrœ. (Bedœ Hiat. ecclesiast. gentis Anglor., lib. II, cap. xil, p. 139.)
2. Cura ergo, pvœdicante verbum Dei Paulino , rex credere differret, et per aliquod tempus, ut diximus, boris competeutibus solitarius ssderet, et quid agendum sibi esset, quœ religio sequenda , sedulus S3cum ipse scrutari consuesset... (Ibid., p. 140.)