‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 63 sur 233 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

destinée aventureuse et son zèle ardent le rame- 6to lièrent en Gaule, d'où il passa dans les Alpes helvétiques, puis en Italie, où il mourut1.

La parfaite orthodoxie des Anglo-Saxons et leur 6m conformité de discipline religieuse avec l'Église ro- tig maine développèrent en eux un nouvel orgueil qui augmentait, quoique en le modifiant, celui de la conquête et de la force. Ils se croyaient une race meilleure que les Bretons par l'esprit autant que par les armes , ils s'attribuaient une mission d'en haut et se regardaient comme le peuple de Dieu, prédestiné à régner sur la Bretagne pour y donner l'exemple de la véritable foi2. Dans la guerre contre les vieux chrétiens du pays, leurs rois dressaient des croix pour étendards, et, clans leurs invasions sur le territoire de la Cambrie, ils massacraient les évèques et les prêtres, et donnaient à des clercs de leur race, seuls prêtres pour eux, les églises devenues désertes par la . mort ou la fuite de leurs desservants3. Les Bretons,

1. Dans le monastère de Bobbio, le second des établissements qui ont fait sa renommée.

2. Hoc pietate Dei visum, quod gens scelerata Ob sua de terris patrum peccata periret, Intraretque suas populus felicior urbes

Qui servaturus Domini prœcepta fuisset...

Jam nova dum crebris viguerunt sceptra triumphis,

Et reges ex se jam cœpit babere potentes

Gens ventura Dei.

(Alcuini Poerna de pontificibus et sanctis Eboraceusibus. inter ejus Opéra, éd. Froben, t. II, p. 243.)

3. Bedas Hist. ecclesiast. gentis Anglor., lib. III, cap. i, p. 160 et seq. — Brut y Tywysogion, anno 720, Myvyrian archaiology, t. II, p. 471. — Necnon et ea loca sancta in diversis regionibus, quse clerus Britonum, aciem a gladii bostilis manu gentis nostrœ fugiens, deseruit. Erat quippe Deo placabile donum, quod religiosi reges tam

de leur côté, comptant pour rien la religion des conquérants, n'avaient pas de communion avec eux plus qu'avec des païens ; ils ne se faisaient scrupule envers eux d'aucun genre de cruautés, et plus d'une fois, dans cette triste émulation de représailles, ils méritèrent le nom de barbares que leur donnaient les nouveaux lettrés de la nation anglo-saxonne1.

Les traditions de l'Église celtique n'étaient pas seulement communes aux Bretons de la Cambrie et aux habitants de l'Irlande; elles régnaient encore au nord de la Bretagne, chez les Pietés qui habitaient les plaines et les cotes de l'est, et chez les Scots, population des montagnes et du grand archipel de l'ouest. Il y avait dans les îles Hébrides de nombreux monastères dont l'un, celui d'Hi ou d'Iona, était, comme le monastère de Bangor, une sorte de cité religieuse peuplée de plusieurs centaines d'hommes et d'où se répandaient de tous côtés des émigrations de missionnaires2. A la différence des Cambriens,

militas terras, Deo ad serviendum, pontifici nostro conscripserunt. (Vita S. Wilfridi episcopi eboracensis, apud Script, rer. anglic, éd. Gale, t. I, p. 60.)

1. Quippe ciun usque hodie moris sit Britonum, fidem religionemque Anglorum pro nibilo babere, neque in aliquo eis magis commnnieare quam paganis. (Bedae Hist. ecclesiast. gentis Anglor., lib. II, cap. xx, p. 158.) — At vero Caedwalla, quamvis nomen et professionem baberet ebristiani, adeo tamen erat animo ac moribus barbarus ut nec sexui quidem muliebri, vel innocuae parvulorum parceret œtati : quin universos atrocitate ferina morti per tormenta contraderet... (Ibid., p. 157.) — De ligno crucisquod idem rex contra Barbaros pugnaturus erexerat. (Ibid., lib. III, cap. n, p. 162.)

Haud secus Oswaldus rex stravit ubique pbalanges

Barbaricas...

(Alcuini Opéra, t. II, p. 221.)

2. ... De insula qnrc vocatur Hii, destinatus. Cujus monasterhim

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