LIVRE PREMIER H
ces hommes, ainsi que leurs frères d'Irlande, avaient eso pour les Anglo-Saxons toute la sympathie chrétienne, 7Ïg et plusieurs d'entre eux, venus d'eux-mêmes ou appelés dans le Northumberland, y furent traités avec de grands égards par les rois et la population du pays. Quelques-uns devinrent évèques, et personne 63* ne se trouvant là pour combattre d'une manière active leur discipline traditionnelle, ils l'établirent dans les églises ouïes couvents qu'ils gouvernaient1. Trente ans se passèrent, durant lesquels les usages romains et les usages celtiques pour la pâque et pour la tonsure coexistèrent dans les provinces anglosaxonnes situées au nord de l'Humber. Mais cette dissidence, qui amenait souvent deux fêtes de Pâques dans la même année, fut l'objet de disputes violentes 664 où des docteurs, venus de la Bretagne méridionale ou du continent, opposaient l'exemple de l'Italie, de la Gaule, de l'Afrique, de l'Asie, de la Grèce, de tout l'univers, aux coutumes d'un petit nombre d'hommes cantonnés dans deux iles de l'Océan 2. Discutées solen-
in cunctis pêne septentrionalium Scotorum et omnium Pictorum monasteriis, non parvo tempore arcera tenebat, regendisque eorum populis praserat. (Berlœ Hist. ecrlesiast. gentis Anglor., lib. III, cap. m, p. 167.)
1. Exinde cœpere plures per dies de Scotorum regione venire Britanniam, atque illis Anglorum provinciis, quibus regnavit rex Oswaldus, magna devotione verbum fîdei pro?dicare... (Ibid.) — Accepit namque pontificem Aidanum, summse mansuetudinis et pietatis ac moderarainis virum ; habentemque zelum Dei, quamvis non plene secundum scientiam.(Ibid., p. 166.)
8. His temporibus quœs'o facta est frequens et magna, de observatione Paschse, confirmantibus eis, qui de Cantia vel de Galliis advenerant, quod Scoti dominicnm Pascbœ diem, contra universalis Ecclesise morem, celebrarent. (Ibid., cap. xxv, p. 233.) — Defuncto autem Finano, qui post illum (Aidanum) fuit, cum Colmanus in
6G4 nellement dans un concile où deux rois assistèrent, les coutumes celtiques furent condamnées, et le Northumberland qui les abandonnait devint un foyer de réaction contre elles1. Cette réaction, propagée par des missionnaires anglo-saxons ou par des Celtes ralliés à la discipline romaine, gagna d'abord l'Irlande, puis le royaume des Pietés, puis enfin le grand
716 monastère d'Iona, qui était la tète d'une foule d'autres2. L'ile d'Erin et le nord de la Bretagne ayant ainsi abjuré leurs coutumes héréditaires, il ne resta plus dans le schisme que la province occidentale possédée par les Bretons libres3.
7i6 Ceux-ci, n'étant plus soutenus extérieurement par
'68 une grande sympathie, par la conscience du monde celtique, perdirent quelque chose de la foi absolue qu'ils avaient dans leurs traditions religieuses, désor-
episcopatu succederet, et ipse missus a Scotia, gravior de observatione Pascbœ, neenon et de aliis ecclesiasticœ vitse disciplinis, controversia nata est. (Bedse Hist. eccîesiast. gentis Anglor., lib. III, cap. xxv, p. 233.)
1. Mota ergo ibi quœstione de Pascha, vel tonsura, vel aliis rébus ecclesiasticis, dispositum est, ut in monasterio, quod dicitur Streanesbalcb... synodus fieri, et bœc quœstio terminari deberet. Veneruntque illo reges anibo, pater scilicet et filius... (Ibid., p. 234.) — Voyez encore ibid., p. 236 et seq.
2. Nec rnulto post illi quoque qui insulam Hii incolebant monaclii Scoticœ nationis, cura bis quœ sibi erant subdita monasteriis ad ritura Pascbse ac tonsura canonicum, Domino procurante, perducti sunt. (Ibid., lib. V, cap. xxni, p. 479.) — Voyez aussi ibid., cap. xxu, p. 453, et cap. xvi, p. 432.
3. ... E contra Britones, qui nolebant Anglis eam qua*n babebant fidei ebristianœ notitiam pandere, credentibus jam populis Anglorura et in régula fidei catbolicœ per omnia instructis, ipsi aclbuc inveterati et claudicantes a semitis suis, et capita sine corona pra> tendunt, et solemnia Christi sine Ecclesiœ Cbristi societate venerantur. (Ibidv lib. V, cap. xxin. p. 480.)