LIVRE II
rie serpents venimeux. Le chant de mort de ce fameux 865 roi de mer devint célèbre, comme l'un des chefsd'œuvre de la poésie Scandinave. On l'attribuait, contre toute vraisemblance, au héros lui-même ; mais, quel qu'en soit l'auteur, ce morceau porte la vive empreinte du fanatisme de guerre et de religion qui rendait si terribles, au neuvième siècle, les vikings danois et normands '.
« Nous avons frappé de nos épées, dans le temps « où, jeune encore, j'allais vers l'orient du Suncl « apprêter un repas sanglant aux bêtes carnassières, « et dans ce grand combat où j'envoyai en foule au « palais d'Odin le peuple de Helsinghie 2. De là, nos « vaisseaux nous portèrent à l'embouchure de la Visce tule, où nos lances entamèrent les cuirasses, et où « nos épées rompirent les boucliers.
« Nous avons frappé de nos épées, le jour où j'ai « vu des centaines d'hommes couchés sur le sable, « près d'un promontoire d'Angleterre; une rosée de « sang dégouttait des épées; les flèches sifflaient en « allant chercher les casques : c'était pour moi un « plaisir égal à celui de tenir une belle fille à mes « cotés.
« Nous avons frappé de nos épées, le jour où aj'abattis ce jeune homme-, si fier de sa chevelure, « qui dès le matin poursuivait les jeunes filles et « recherchait l'entretien des veuves. Quel est le sort « d'un homme brave, si ce n'est de tomber des pre- « miers? Celui qui n'est jamais blessé mène une vie