Province de Suède sur le golfe de Bothnie
m « ennuyeuse, et il faut que l'homme attaque l'homme « ou lui résiste au jeu des combats.
« Nous avons frappé de nos épées; maintenant « j'éprouve que les hommes sont esclaves du destin « et obéissent aux décrets des fées qui président à « leur naissance. Quand je lançai en mer mes vais- « seaux pour aller rassasier les loups, je ne croyais « pas que cette course dût me conduire à la fin de « ma vie. Mais je me réjouis en songeant qu'une place « m'est réservée dans les salles d'Oclin, et que là « bientôt, assis au grand banquet, nous boirons la « bière à pleins bords dans les coupes de corne.
« Nous avons frappé de nos épées. Si les fils d'As- « lauga savaient les angoisses que j'éprouve, s'ils « savaient que des serpents venimeux m'enlacent et « me couvrent de morsures, ils tressailliraient tous « et voudraient courir au combat ; car la mère que « je leur laisse leur a donné des cœurs vaillants. Une « vipère m'ouvre la poitrine et pénètre vers mon «cœur; je suis vaincu : mais bientôt, j'espère, la « lance d'un de mes fils traversera le cœur d'^Ella.
(( Nous avons frappé de nos épées dans cinquante a et un combats ; je doute qu'il y ait parmi les hommes « un roi plus fameux que moi. Dès ma jeunesse, j'ai « appris à ensanglanter le fer; il ne faut pas pleurer « la mort, il est temps de finir. Envoyées vers moi par « Odin, les déesses m'appellent et m'invitent; je vais, « assis aux premières places, boire la bière avec les a dieux. Les heures de ma vie s'écoulent; c'est en « riant que je mourrai '. »
1. Olai Wormii Litteratura runica, p. 198 à 2.6. — Turner's Hist.