‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 105 sur 228 · LIVKE II. CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVKE II. CHAPITRE III

liqueux qui l'attendent. Une flotte nombreuse, équipée par les Arabes qui occupaient la Sicile , et faisant voile vers les rivages d'Italie pour secourir sans doute leurs compagnons campés dans la Péninsule, venait d'être assaillie par une tempête qui l'avait dispersée et détruite (1).

Quand on sut à Rome , dit le poète panégyriste de Bérenger (2), que le roi de Lombardie approchait de la grande cité, le sénat, le peuple et les écoles de toutes les nations qui se trouvaient à Rome , Grecs , Saxons , Français et autres , se portèrent à la rencontre du monarque , bannières et enseignes déployées..... Tous chantaient les louanges de Bérenger dans leur langue nationale.

Les jeunes nobles Romains fermaient cet imposant cortège ; parmi eux on remarquait Pietro, frère du pape et le fils du consul Teofilatto. Ces jeunes hommes , après avoir baisé les pieds du roi , le complimentèrent au nom de la cité.

Jean X, revêtu de ses habits pontificaux et entouré de son clergé, attendait, sur les degrés du péristyle de Saint-Pierre , le prince , qui au milieu d'un immense concours de monde arri-

(1) Chron. arable, art. n, cité par Muratori, Annal. rf7f.,T. v, p. 252.

(2) Anonym.,mi Paneg. Bereng., lib. IY.

vait sur une belle haquenée blanche que lui avait envoyée le pontife.

Bérenger mit pied à terre, et pendant qu'il montait les marches du saint temple , le pape Jean X se leva du siège où il était assis et s'avança vers le prince ; tous deux , le front radieux de satisfaction, se tendirent cordialement la main et se donnèrent l'accolade de bien -venue aux acclamations joyeuses de la foule.

Les portes de la basilique restaient fermées ; elles ne s'ouvrirent qu'après que Bérenger eût promis par serment de confirmer , quand il aurait ceint la couronne impériale , toutes les donations en biens, en États , en puissance que le Saint-Siège tenait de la munificence des anciens empereurs ses prédécesseurs et ancêtres (1).

(1) Selon le 'panégyriste, cette entrée solennelle aurait eu lieu le samedi saint, et le couronnement de Bérenger, comme empereur, le jour de Pâques, en l'année 916.

Muratori s'attache à prouver * que ce monarque reçut la couronne impériale le jour de Noël de l'année 915. Il appuie cette opinion sur d'assez solides argumens; mais resterait alors à expliquer comment une aussi grave erreur a pu prendre place dans un panégyrique dont l'auteur paraît avoir été contemporain de Bérenger , ou au moins avoir vécu peu de temps après la mort de cet empereur; peut-être, sous le règne de son petit-fils, comme serait tenté de l'admettre Muratori.

Voici ce que dit cet historien (T. v, p. 25&, ann. 916, )

« Adrien dcValois, qui fut le premier à tirer des ténèbres

* Tome v, anno 910, 921, 92û, p. 25A, 263 et suiv., et 271.

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