‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 106 sur 228 · LIVRE II. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE III

Quand vint le grand jour du couronnement , le pape et le roi de Lombardie , salués sur leur passage par les bruyans vivats d'un immense concours de peuple , se rendirent à la basilique du Vatican.

Là , Bérenger reçut l'onction sainte, fut proclamé empereur des Romains , et Jean X posa sur son front une couronne d'or enrichie de pierres précieuses. Le clergé et le peuple chantèrent des hymnes en actions de grâces. Puis, on intima silence, et on lut à haute voix le diplôme par lequel le nouvel Auguste confîr» mait à l'Église romaine et à ses souverains pontifes les donations souscrites en leur faveur par

» ce poème historique, précieux fragment d'un siècle obs- » cur, a pensé que l'auteur était contemporain de Bérenger; » mais en présence de si graves erreurs sur des faits im- » portans que le poète aurait dû mieux connaître, puisqu'il » se montre lui-même vieux à la fin de son œuvre qu'il ter- » mine au couronnement , laissant à d'autres le soin de ra- » conter le reste de la vie de Bérenger,

Et post imper ii diadema resumite laudes.

» Je ne saurais me persuader que ce poème ait été coin- » posé du vivant de Bérenger. Il paraîtrait toutefois peu » vraisemblable qu'après la mort de l'empereur, quelqu'un » ait entrepris une aussi longue et pénible tâche. Cependant » il n'est pas hors de possibilité que le marquis d'Yvrée, » devenu plus tard lui-même roi d'Italie, ait pris soin de » faire honorer, par ce panégyrique, la mémoire de l'ein- » pereur son aïeul.» Nous ajouterons que la mort peut avoir arrêté le poète au milieu de son œuvre,

les empereurs précédens, avec menace de châtiment contre quiconque troublerait les successeurs de saint Pierre dans la jouissance de ces dons.

Grande fut la munificence de Bérenger dans la distribution de ses présens en armes , ornemens, costumes, couronnes d'or et joyaux de tous genres. Le pape , le clergé , les troupes , le sénat , toutes les églises de Rome eurent leur part de ces largesses. Des pièces d'or et d'argent furent jetées avec profusion au peuple réuni dans la basilique de Saint-Pierre \ dans les rues et sur les places publiques (1).

Jean X, au milieu de ces pompes et de ces fêtes , n'oubliait pas quel prix il avait mis à la couronne impériale qu'un descendant de Charlemagne était venu prendre de sa main. Par ses soins et tandis que s'accomplissait la grande fonction du couronnement, la flotte grecque montrait son pavillon le long des rivages d'Italie, prêté à combattre tout ce qui tenterait de porter secours aux bandes de Sarrasins campés sur les bords du Garigliano. Les princes de Bénévent ? de Gaëte et de Naples ? émus à la voix du pontife , appelaient leurs peuples aux armes.

(1) Antiq. ïtdlic, dissert, m, p. 108. Muratori.

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