‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 107 sur 228 · LIVRE II. CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE

Albéric , marquis de Camerino , accourait à ia tête de nombreuses troupes pour renforcer cette puissante ligue. Le nouvel empereur, jaloux de justifier le choix du pape et de mériter l'honneur qu'il venait de recevoir, se hâte de prendre le commandement de cette armée.

Bérenger forme ses troupes en deux camps et bloque étroitement les Sarrasins dans leur repaire fortifié et réputé inaccessible; toutes les issues, tous les abords sont interceptés, coupés; au bout de trois mois de blocus, la famine réduit les Maures à la dernière extrémité. Les barbares n'écoutent plus que le désespoir ; leurs retraites et le riche butin qu'ils y entassaient depuis long-temps , deviennent la proie d'un incendie que leurs mains ont allumé; puis, enmasse et tête baissée, ils se jettent au milieu des chrétiens, espérant enfoncer leurs rangs par ce choc impétueux , et trouver leur salut dans des montagnes voisines couvertes d'épaisses forêts. Mais, moins heureux que les Hongrois sur les bords de laBrenta, les Maures sont reçus et poursuivis avec vigueur par les troupes de Bérenger; pas un seul n'échappe au glaive ou aux fers des chrétiens,

La joie fut grande à Rome et dans toute l'Italie quand vint la nouvelle de cet heureux ré= sultat. Bérenger partagea la gloire de cette bril-

lante expédition avec le pape Jean X qui , non content de l'avoir conçue et d'en avoir habilement préparé le succès , voulut y assister en personne pour encourager les troupes par sa présence.

Cet exemple y contraire aux maximes de l'Église, ne fut que trop imité dans la suite par d'autres pontifes > qui n'eurent pas toujours à invoquer un aussi noble but pour justifier leur présence au milieu de ces sanglantes luttes où se décimaient les peuples.

Bérenger retourna triomphant à Pavie. Soigneux de réparer les maux de la guerre ? qui trouvaient leur compensation dans la gloire récemment acquise à la Lombardie , il dut aussi , pour maintenir le calme dans ces belles contrées, tenir l'œil ouvert sur les princes ses vassaux dont il n'avait que trop éprouvé l'inquiète versatilité.

L'année qui suivit sa victoire sur les Sarrasins , vit mourir un prince qui fut un des plus puissans moteurs de ses revers et de sa restauration sur le trône d'Italie.

La mort d'Adalbert II (1) , duc et marquis de Toscane , souche de la fameuse maison d'Est ,

(1) Muratori, anuo 917

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