‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 118 sur 228 · Gjulini , T. il, anno · texte numérisé non relu

Gjulini , T. il, anno

son habitude, dans un petit pavillon de son jardin, non loin d'une église où sa piété le con duisait à minuit pour assister aux offices.

Au son de la cloche qui appelle aux prières nocturnes, l'empereur se lève et s'achemine seul vers le saint lieu; le bruit inusité de quelques pas furtifs vient le tirer de sa pieuse rêverie ; il écoute, et son regard aperçoit dans l'ombre des hommes s'approchant en silence ; bientôt le monarque croit reconnaître Flambert parmi eux, Flambert qu'il a aimé, qu'il aime, qu'il a comblé de biens; Flambert dont il a le matin même cou vert l'odieuse faute sous le voile d'une sublime clémence ; calme, sans soupçon, il l'appelle pour s'assurer que c'est bien lui , le père de son filleul, qui vient le chercher dans sa retraite; bientôt n'en doutant plus, « Flambert, » lui dit-il en lui tendant la main , « quel motif t'amène à » cette heure auprès de ton roi , de ton ami? »

Flambert s'approchant sans répondre, écarte tout à coup la main que lui tend Bérenger, et plonge un poignard dans le sein de son bienfai teur : l'infortuné monarque se sentant frappé , pousse un cri moins de douleur peut-être que de surprise, il chancelle, il tombe; les autres conjurés se jettent sur la royale viclime et l'achèvent à coups d'épée.

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