LIVRE II. — CHAPITRE IV
consacré quelques pages au souvenir d'un de ses plus glorieux descendans en Italie; il nous faut arriver à ce moment suprême qui vil passer les lambeaux de cette domination carlovingienne sur la Péninsule, des mains indignes des derniers descendans italiens du grand homme aux mains glorieuses d'Othon-le-Grand,
Quelque répugnance qu'on éprouve , il faut montrer, au milieu d'un nouveau chaos d'ambitions rivales, la couronne d'Italie tombant du front de Rodolphe, faible et inconséquent jeune homme, sur le front de ce fameux Hugues, comte de Provence, dont la politique cinique et la vie effrontément débauchée, souillent les pages déjà si ternies de l'histoire de cette triste époque.
Quatre prétendans , Rodolphe \ Hugues ', hothaire , Bérenger, vont tous s'intituler rois de cette pauvre Lombardie qui ne sait quel souverain reconnaître dans ce conflit d'ambitions diverses. Conséquence logique du triomphe de la féodalité dans sa lutte plus que séculaire contre les rois des grandes monarchies. Déplorable désordre qui livre le champ de la lutte à des rivalités tellement subalternes que, pendant plusieurs années, le diadème impérial est comme oublié par tous ces avides quêteurs de couronnes. Les annales de l'histoire présentent, pour
cette époque , dans la succession de la pourpre des empereurs d'Occident , une lacune de quelques années , comme pour lui éviter de tomber dans la boue. On croirait presque se trouver à cette honteuse phase de l'histoire romaine (476) qui vit Odoacre, roi des Erules, dépouiller le faible Romulus-Âugustule de la dignité impériale et dédaigner de prendre le titre de César (1).
Ainsi semblerait avoir fait le roi de Germanie, Henri l'Oiseleur, le seul monarque d'alors capable de toucher au diadème impérial sans le ternir, et qui , pendant tout son règne , refusa ce périlleux honneur. Puis nous verrons enfin venir Othon-le- Grand.... Othon, sentant que la couronne des Césars est à sa mesure, la posera sans crainte sur sa glorieuse tête, qui donnera à ce diadème plus d'éclat qu'elle n'en aura reçu.
Mais en attendant, le dédain, l'oubli ou l'impuissance, soit de la Germanie, soit delà France, soit de Constantinople , laissent la Lombardie et la Péninsule entière se précipiter dans une nouvelle crise de désordres et d'anarchie, d'où va surgir le despotisme le plus déhonté.
A la mort de Louis IV (912), dernier des des-
(1) PUFFEND. , Uist. unir., T. V.