‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 122 sur 228 · LÏVHE II, — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LÏVHE II, — CHAPITRE IV

cendans germaniques de Charlemagne , les Austrasiens avaient offert, la couronne au vieux Qthon, duc de Saxe, s'inquiétant peu des droits, comme prince carlovingien, de Charles-le-Simple, roi de la France occidentale. Charles était trop décrédité pour que les Germains, qu'on appelait les Français orientaux, voulussent se soumettre à sa puissance. Le duc de Saxe , s'excusant sur son grand âge , désigna Conrad , duc de Franconie , bien que son ennemi personnel , comme le plus digne d'occuper le trône.

Conrad, dans un règne de cinq ans, justifia le choix dont on l'avait honoré ; répondant avant de mourir au noble procédé d'Othon , ce prince engagea les seigneurs du royaume à lui donner pour successeur, Henri, fils de ce généreux duc de Saxe , à qui lui-même il était redevable de la couronne.

Henri , proclamé roi de Germanie dès l'année 919, occupait ce trône lors de la mort de Bérenger. La Lombardie eût été, clans ces temps de troubles, une facile conquête pour ce prince; la couronne impériale elle-même n'eût pu lui échapper s'il eût daigné tendre la main pour la saisir. Nous verrons bientôt en quelles circonstances elle lui fut offerte. Mais Henri ne voulait ni l'une ni l'autre de ces couronnes , à tra-

vers lesquelles son expérience entrevoyait trop de vicissitudes.

De son côté , Constantinople était livrée au fils de Léon, à ce Constantin Porphyrogénète qui dotait l'Orient de cinq maîtres à la fois en associant à l'empire Romain Lécapène et les trois fils de ce grand amiral. Léon , par cette imprudence, avait semé des germes de troubles et de divisions trop irritans pour que la cour du Bosphore pût s'occuper d'autre chose que de ses propres misères et de ses intrigues intérieures. Nous venons de voir cette cour essayer ses forces contre Bénévent , et faire preuve d'impuissance dans cette entreprise que couronnèrent une défaite honteuse et la mort d'Orsileo, généralissime des troupes grecques.

Quant à Charles-le-Simple? son titre de descendant direct de Charlemagne eût pu le rendre le plus redoutable prétendant à l'empire d'Occident et à la couronne de Lombardié; mais , nous le répétons , l'étroite pensée de Charles était trop absorbée par les embarras que lui suscitaient les Normands et l'ambition toujours inassouvie de ses grands feudataires, la plupart de venus rois, pour que ce prince pût jeter un regard intéressé sur ce qui se passait près du Tibre et du ïesin.

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