‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 171 sur 228 · LIVRE III. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE IV

clies, le prêtre Martin parvient à connaître enfin la chambre où la reine languit captive. Cédant à l'inspiration d'un sublime dévouement, il creuse (1) pendant de longues nuits, dans la direction du fort, un chemin souterrain , comme des soldats mineurs pratiquent dans les flancs de la terre une secrète voie pour s'élancer à l'improviste au cœur même d'une ville assiégée ; ses persévérans efforts le conduisent sous la tour ; il en perce les fondemens , parvient jusqu'à la triste demeure de la princesse qu'il entraîne avec son unique compagne loin de ses barbares geôliers (2).

Grande fut l'alarme dans la tour quand on s'aperçut de la^ fuite d'Adélaïde, et non moins grande fut la fureur de Bérenger quand cette nouvelle lui parvint. Partout on envoya à la poursuite de la royale fugitive. . . Tout fut exploré , fouillé , mais vainement.

Des bois solitaires offrirent un refuge assuré à Adélaïde qui , ainsi que la compagne de sa captivité et de sa fuite , avait dû prendre des vêtemens d'homme ; et de simples pêcheurs furent envoyés là par celui qui veille à tout, pour pour-

(1) Saint Odillon. — La poétesse Rosweoa. — Muratori. — Giulini et autres.

(2) 20 août 951,

voir aux besoins de cette infortunée reine qui, plus forte que l'adversité, était appelée à donner bientôt sur le trône impérial l'exemple des plus rares vertus.

Adhélard , évêque de Reggio, était un des partisans les plus dévoués d'Adélaïde. La veuve de Lothaire envoie le prêtre Martin pour lui faire connaître sa situation. Le prélat appelle aussitôt à lui Albert Azzon , noble et loyal serviteur de race lombarde, qui possédait comme fief de Pévêque , le château de Canossa, forteresse que sa position semblait rendre inexpugnable (1).

Azzon réunit en secret quelques hommes d'armes ; fier de la grande mission confiée à son zèle, il pénètre dans la retraite d'Adélaïde, lui fait agréer les offres de son dévouement, et lui sert d'escorte avec ses guerriers jusqu'au château de Canossa.

Tout avait été conduit si secrètement que la vigilance de Bérenger n'avait pu suivre la trace de cette nouvelle fuite; mais on pouvait plus tard la découvrir : d'ailleurs, quelqu'inexpugnable que fût la forteresse, on pouvait, avec le temps, la réduire par la famine. Il fallait au zèle d'Adhélard et d'Azzon plus de sécurité pour le pré-

(1) Saint Odillon. — Muratorj. — Giulini, etc.

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