‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 188 sur 228 · LIVRE 111. CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE 111. CHAPITRE V

armée de soixante mille combattans sur les bords de YAdige. Mais là, les comtes, les gouverneurs, tous les chefs de l'armée , entourant un jour le jeune prince, lui déclarent qu'ils sont las du joug de son père ; que toute l'armée est décidée à s'affranchir de cette intolérable oppression; que toute domination leur sera meilleure que celle de Bérenger, et qu'ils vont prononcer sa déchéance. Cependant ces hommes dont la plupart peut-être ont hâté de leurs vœux et de leurs instances la venue d'Othon , soit qu'une honte secrète les ait subitement saisis à la veille de voir leur patrie envahie de nouveau par des troupes étrangères, soit qu'ils aient été touchés par les remontrances ou les prières d'Adalbert, ces chefs de l'armée, au moment d'effectuer leur menace, semblent vouloir mettre de la mesure dans l'explosion même de leur mécontentement.

Le souvenir de ce qui fut fait en faveur de Lothaire lors de l'expulsion de Hugues, leur revient à la mémoire. Si leur haine poursuit Bérenger, elle ne veut point atteindre son fils. Qu' Adalbert se rende à Pavie ; qu'il obtienne de Bérenger une abdication immédiate , sans réserve ; qu' Adalbert prenne en main les rênes de l'État , et, à ce prix, le concours de leurs ai»

mes est garanti au nouveau roi. Que ce vœu s'accomplisse, et tous promettent de combattre quiconque viendrait disputer la couronne à leur jeune monarque.

Adalbert se rend à la cour de Pavie.

Bérenger, sur le rapport de son fils , se montre disposé à un sacrifice dont il sent l'inévitable nécessité. Mais Willa, la perverse et ambitieuse Willa, triomphe de ce qu'elle appelle la lâche condescendance de son époux. Adalbert rapporte à l'armée un refus formel du roi. Aussitôt les chefs irrités replient leurs tentes , déclarent que Bérenger n'est plus leur maître, et désertent le camp avec tous leurs guerriers. Le plus grand nombre court au devant d'Othon et va se ranger sous ses drapeaux.

Ce monarque pénètre en Italie, la traverse sans rencontrer ni obstacle , ni résistance , et les portes de Pavie s'ouvrent à son approche.

Bérenger et sa famille avaient quitté la capitale sans chercher à la défendre.

Les princes et les prélats italiens accourent de toutes parts. Une diète se réunit à Milan (1). On y déclare Bérenger et son fils Adalbert

(1) Landolphe le vieux, Hist. Mecliol.}\iY. il, c. xti, T. IV, Rerum Italie. , ann. 961,

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