CHAPITRE PREMIER
Première Époque.
Pendant que les rois mérovingiens, cédant en France à l'esprit des temps et aux attaques de la féodalité , s'effaçaient devant les maires du palais qui, dans la seconde moitié du vnr siècle, devaient finir par prendre la place de leurs maîtres sur l'ancien trône de Clovis , trois puissances rivales étaient en présence en Italie.
La puissance des empereurs d'Orient qui s'en allait déclinant de jour en jour; celle des Lombards qui , maîtres depuis deux siècles du nord de la Péninsule , convoitaient la possession du reste de l'Italie ;
Enfin celle des papes.
Les papes, trouvant insuffisante leur auto-
rite spirituelle qui ne leur était qu'un faible rempart contre les insultes du plus fort, cherchaient à se constituer un pouvoir temporel qui pût donner plus de poids à leur influence.
Les empereurs grecs hâtèrent les progrès de leur propre agonie dans la Péninsule par une faute que mirent à profit , avec des chances inégales de durée, les deux puissances leurs rivales.
Cette faute fut l'acte tyrannique de Léon- T Arménien pour abolir le culte des images. L'Italie se souleva contre l'oppression de Gonstantinople. Rome secoua le joug et constitua, en faveur des papes, le simulacre d'un premier pouvoir temporel qui ne reçut une sanction définitive que lors de l'invasion de l'Italie par les Francs.
Les Lombards, après avoir secouru Rome dans sa révolte pour pouvoir plus tard mieux la réduire, tentent de se la donner pour sujette.
Mais Rome , s'il lui faut subir encore des maîtres , veut les choisir plus puissans et plus dignes de le devenir, que les successeurs d'Alboin.
L'appui du royaume des Francs lui promet une plus sûre sauvegarde contre le ressentiment des Grecs que la protection des rois de Pavie. Elle appelle à son aide la France , disons mieux, ses maires du palais , qui comprennent aussitôt le prix pour eux d'une telle intervention.