‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 23 sur 228 · LIVRE IV. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE V

bardie à cette grande perte, que son roi, quand il lui fut ravi , n'était âgé que de cinquante-trois ans !

Une diète fut réunie à Pavie en septembre , mois qui suivit la mort de Louis II : l'impératrice, veuve Angilberge, y assista. Là, fut prise, dit Giulini , la désastreuse détermination d'offrir simultanément le royaume de Lombardie à Charles-! e-Chauve et à Louis-le-Germanique. Ces deux princes , ignorant ce qui se passait à Pavie, s'étaient mis en mesure , chacun de son côté , pour s'assurer la possession de ce nouvel héritage.

Le roi de France traverse les Alpes en toute hâte, à la tête d'une armée nombreuse. De son côté Louis fait passer en Italie avec un corps de troupes, son fils Charles, appelé Carletto (1) par les Italiens , sans doute pour le distinguer de Charles-le-Chauve , son oncle. Bérenger, duc de Frioul , qui va devenir si célèbre , réunit ses troupes à celles du jeune prince ; mais Charlesle-Chauve avait pris les devans , s'était emparé de Pavie et y agissait en maître.

A cette nouvelle, l'armée de Germanie se livre aux plus graves désordres dans les environs de Bergame. La voix , les menaces des chefs ne

(1) Giulini. Petit Charles. Plus tard on l'appela Charles le -Gros.

peuvent ramener à Tordre ces furieux gorgés de sang et de pillage : les habitans des contrées dévastées abandonnent leurs foyers et se retirent dans les montagnes. Charles-le-Chauve , voyant son neveu et son allié débordés par l'indiscipline et le désordre toujours croissans de leur armée , marche droit sur la Bavière.

Louis envoie à sa rencontre un autre de ses fils avec de nouvelles troupes ; les deux princes, au moment d'en venir aux mains, concluent une trêve de trois mois. Les Germains reprennent le chemin delà Bavière et Charles-le-Chauve retourne en Italie (1).

Louis avait incontestablement plus de droits que son frère à la couronne impériale et au royaume de Lombardie. Il était l'aîné de Charles-le-Chauve , et le testament du défunt empereur l'instituait son héritier. Jean VIII, mieux que personne, avait dû connaître dans les conférences de Vérone les intentions de Louis II ; sans doute il les avait approuvées ; mais la politique de Charles-le-Chauve s'était aisément rendu favorable l'esprit fougueux du pontife. Aux droits qu'eût pu faire valoir Louis de Germanie , le roi de France opposa de ces raisons

(1 ) Giulini, lib. vi.

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