‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 35 sur 228 · LIVRE 1er. — CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE 1er. — CHAPITRE Ier

quer la couronne impériale , enhardissent Carloman dans ses vues ambitieuses. Le pape lui ayant refusé le serment de fidélité parce qu'il n'est pas empereur, les envoyés de Germanie demandent à Jean VIII de proclamer leur maître empereur d'Occident. Carloman était loin de Rome ; la déconvenue qui avait suivi sa première apparition en Italie ; sa fuite honteuse avec toute son armée devant des troupes saisies d'une même terreur panique, le triste état de sa santé qui ne lui promettait pas de longs jours , et puis un reste de cette habitude que s'était faite Rome de s'étayer, depuis un siècle, sur la puissance des rois et des princes francs ; tous ces motifs réunis donnaient pour le moment peu de chances de succès à la cause germaine abandonnée à de simples émissaires. En l'absence de deux rois , dont l'un , fils de Louis-le-Ger-

qu'il annonça , en partant de Pavie , son prochain retour dans la Péninsule pour s'y faire couronner roi.

Ainsi Carloman , en publiant des chartes comme roi d'Italie , a usé du seul droit du plus fort , sans avoir fait sanctionner le droit de la victoire par le vote des grands du peuple et des évêques. Il ne fut couronné ni à Pavie ni à Rome ; mais il ne s'en arrogea pas moins l'autorité des rois de Lombardie. *

* On peut citer, entre autres actes qui établissent le règne de Carloman en Lombardie, un testament d'Ansperto, archevêque de Milan , où on lit : Karlomanus divinâ providentiâ or dînante, rex Longobardorum in Jtaliâ, anno regniejus secundo. (Muratori, Anlic. Italie. Dissert. 56. )

manique, convoitait si impatiemment l'empire, dont l'autre , fils de Charles-le-Chauve \ tardait tant à se prononcer, mais pouvait plus tard punir le Saint-Siège de trop de hâte s'il se laissait intimider par la parole menaçante des envoyés de Carloman , Jean VIII crut prudent et sage de temporiser. Sur son refus d'obtempérer aux vœux impérieux et pressans de Carloman , les émissaires de ce prince perdent toute mesure à l'égard du pontife. Aux menaces succèdent les effets : secondés par les ducs de Toscane et de Spoletti, ils s'assurent de la personne de Jean VIII , et le tiennent sous bonne garde et comme en une étroite prison (1). Ils espèrent , par ces mauvais traitemens, lasser sa constance et arriver à leur but ; mais leur colère s'use en vains efforts : le pape résiste; Rome et l'Italie sont bientôt instruites de la brutale violence dont est victime le chef de la chrétienté ; un cri unanime de menace et d'indignation s'élève partout où en parvient la nouvelle ; enfin Rome éclate, elle s'arme : on marche contre les geôliers du pontife, qui n'ont que le temps de se soustraire , par une prompte fuite , à de dures représailles,

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