‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 45 sur 228 · LIVRE 1er. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE 1er. — CHAPITRE II

Louis 111 et Carloman , ses deux iils , nés d'Ansgarde, sa première femme, qu'il avait répudiée,

Boson, beau-père du jeune Carloman, aida les deux frères à monter sur le trône, espérant que , pour prix de ce service , les deux nouveaux monarques ne porteraient ou n'oseraient élever aucun obstacle à son ardent désir de devenir roi. Ce fut alors qu'il fit établir en sa faveur, par le concile de Manies , le royaume d'Arles , qui comprenait la Provence, le Dauphiné , le Lyonnais, la Savoie, la Franche-Comté et une grande partie de la Bourgogne.

Ce duc ambitieux s'était fait la part du lion, Les deux frères, mécontens de cette usurpation audacieuse, s'arment contre lui et appellent à leur aide Charles-le-Gros (1) qui , en ce moment, se trouvait en Lombardie et venait de s'en faire proclamer roi par Ansperto. Charles, craignant les secrètes menées de l'impératrice Angilberge pendant son absence, commence par la faire enlever de son couvent de Sainte-Julie, à Brescia, et l'exile en Allemagne; puis il passe les Alpes et se porte avec une armée nombreuse sur le théâtre de la guerre (2). Ses troupes, réunies à celles de Louis III et de Carloman , mettent en

(1) Charles deSuabc, appelé d'abord eu Italie Carïetto.

(2) Giulini.

déroule l'armée de l'usurpateur dans plusieurs combats.

Boson est sauvé d'une ruine complète par une diversion de Carloman de Bavière, dont l'ambition, se réveillant un moment sur le bord de la tombe, vient injustement revendiquer une partie de l'héritage de Louis-le-Bègue.

Peu de temps après le roi de Bavière meurt. À l'annonce de cet événement, Charles-le-Gros, déjà maître de la Lombardie, juge le moment opportun pour conquérir la couronne impériale que ne pourront lui disputer ni les deux enfans qui occupent le trône de France, ni Boson qu'ont affaibli ses récentes défaites. Il repasse les Alpes avec son armée et se dirige en toute hâte sur Rome. . . Ce monarque ne pouvait y arriver dans des conjonctures plus favorables à son ambition.

Les Napolitains n'avaient obtenu la paix, ou plutôt une trêve avec les Sarrasins , qu'à condition qu'ils se réuniraient à ces envahisseurs pour se porter contre Rome. Guaiferio, duc de Salerne, était entré dans cette ligue : Jean VIII, que l'Orient et l'Occident abandonnaient , se souvint un moment de l'énergique résolution de Léon IV, et osa affronter le péril des combats à la tète de quelques troupes que lui avait

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