CHAPITRE
rad, et dont nous verrons plus tard le fils s'asseoir sur le trône de Lombardie pour bientôt après en descendre ; Rodolphe, l'aïeul de l'admirable Adélaïde qui sera l'héroïne d'un des épisodes les plus attachans de cette histoire; Rodolphe se fait roi de la Bourgogne supérieure ou Transjurane, qui comprend la Suisse, les Grisons, le Valais , Genève et la Savoie.
Rainulphe, duc d'Aquitaine, érige en royaume les pays situés entre les Pyrénées et la Loire , et prend aussi le titre de roi.
Enfin , nous avons vu sous le règne des deux fils aînés de Louis-le-Bègue , la Provence et la Bourgogne, constituées en royaume en faveur de Boson. Ce prince étant mort depuis peu, avait eu pour successeur son fils Louis que nous verrons bientôt aller, lui aussi, au delà des Alpes , essayer pour son malheur la couronne impériale.
Au dessus de tous ces compétiteurs et de ces rois subalternes, s'élève le fier Odon ou Eudes. Ce glorieux défenseur de Paris contre les Normands , avait osé , à la mort de Charles-le-
Son père Conrad, était frère utérin d'Eudes et de Robert, qu'on va voir rois de France ; lesquels étaient fils de Robert-le-Fort , tige de la troisième "dynastie. ( Présid. HÉinaîjlt, T. r1", 2e race, art. Eudes." Ann. 888.)
Gros, aspirer au titre de roi de France* espérant réduire , par la suite , tous ses rivaux à l'humble rang de ses feudataires. Et tandis que l'orgueilleux Eudes se faisait proclamer (888) roi par l'assemblée de Compiègne , et sacrer par Gauthier, archevêque de Sens, le troisième fils de Louis-le-Bègue, le jeune Charles , était encore exclu du trône , sous les vains et injustes prétextes qui déjà avaient fait échouer ses droits contre la fortune de Gharles-le-Gros.
Tous ces princes français, on le conçoit, n'avaient pas ainsi morcelé ce beau royaume pour livrer les dépouilles de leur roi, de leur maître, du jeune Charles de France enfin , à un monarque étranger, à Arnolphe, bâtard de Carloman de Germanie* Mais à défaut de l'autorité directe, Arnolphe obtint de cette France mutilée, fractionnée, ce qu'il n'eût jamais osé lui demander et en attendre si elle était restée compacte et dans toute la force de son unité sous un seul et même souverain. Bien que la France n'eût pas été représentée à Tribur, les rois secondaires dont elle était parsemée, trop divisés entre eux , peu confians d'ailleurs dans leur propre puissance et dans leur force isolée, souscrivirent aux décisions de cette diète, et tous se hâtèrent de rendre hommage à Arnolphe en sa