‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 7 sur 228 · LIVRE IV. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE IV

l'ambition personnelle, calme les inquiétudes de la cour du Bosphore ; en protestant de son désintéressement dans cette lutte : « Mon but , » en prenant les armes, » répond-il, « a été » non de m 'emparer du duché de Naples, mais » de le secourir contre l'oppression des Arabes. » La remise au duc de Bénévent de la ville de Bari aussitôt après l'avoir conquise sur les Maures, lui paraît un témoignage déjà bien éclatant de sa sincérité. Pour nouvelle preuve de sa bonne foi , Louis II propose à Basile de joindre ses efforts aux siens dans le but de délivrer complètement l'Italie et la Sicile de leurs féroces oppresseurs, et il lui fait demander l'envoi d'une flotte pour couper aux iVrabes toute retraite sur mer, ajoutant : Nos enirn Calabriâ, Deo auctore, expugnatâ, Siciliam disposuimus , secundùm communem placitum , libertati restituere (1). L'ingratitude et la trahison devaient faire avorter ce noble dessein de l'empereur î

Chargé de gloire et de butin , Louis II crut pouvoir aller prendre du reposa Bénévent; mais là l'étoile de sa fortune devait un moment encore s'obscurcir.

Pendant qu'une partie de l'armée impériale

(1) Muratort , Ami. (Vit., T. V.

était occupée encore au siège de Tarente, et que le reste retournait joyeux et triomphant en Lombardie, Louis II et l'impératrice s'étaient rendus auprès d' Adelchis, sous l'escorte d'une garde peu nombreuse. Le duc de Bénévent les accueille dans sa capitale avec les marques de la plus profonde gratitude et du dévouement le plus respectueux ; mais , sous ce perfide semblant de courtoise soumission , Adelchis ourdissait le plus infâme guet apens contre son souverain, son hôte, son bienfaiteur.

Un jour, c'était le 25 août 871 (1), l'empereur dormait pour échapper aux chaleurs de la journée. En un moment, le palais est envahi par une troupe nombreuse de Bénéventins armés : le peu de soldats impériaux préposés à la garde de leur maître , opposent la plus énergique résistance. Louis est réveillé par le bruit du combat : il se jette sur ses armes et court partager le péril de ses braves. Adelchis , outré de cette résistance opiniâtre, ordonne qu'on mette le feu au palais. Louis se fraie un passage au milieu de l'incendie, et va chercher, dans une tour voisine, un refuge avec l'impératrice et sa vaillante escorte. On l'y poursuit. . . Le nombre enfin

(1) GIULINI, Storia di Mil., aim. 871. — MuRATORl , Ann. d'It., idem.

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