‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 70 sur 228 · LIVRE II. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE

tendant à constituer le mieux possible l'administration de ses États (1).

Ébloui de la haute dignité que sa téméraire ambition vient de conquérir, le nouvel empereur oublie bientôt que , lasse de toute domination étrangère, l'Italie, en cherchant d'abord des souverains dans les ducs deSpoletti et deFrioul, et en applaudissant ensuite avec enthousiasme à son sacre comme empereur, a entrevu et honoré en lui et en Bérenger , moins des descendans de Gharlemagne que des princes italiens ; il oublie que dans leur double avènement , elle a salué le triomphe de la cause italienne sur les prétentions de l'étranger ; et l'imprudent rival de l'ancien duc de Frioul , ne songeant qu'à se prévaloir avec orgueil de son illustre origine * fait graver sur le sceau de l'empire ces mots insensés :

Renovatio regni Francorum.

(1) On trouve, dans le recueil des lois Lombardes, des décrets de l'empereur Guy, que les compilateurs y ont insérés, comme ayant été publiés par ce prince en sa qualité de roi de lombardie , et qui eurent de son vivant , comme après lui, force et vigueur en Italie.

Il en est un au livre Ier, sous le titre : de Commitiis.

Un autre au même livre.... de Invasionibus

Un autre au livre ir de Successionibus.

Et deux autres au livre m, — 12e et 13e titres.

Ces décrets font honneur à la sagesse et à la sagacité de Guy.

Presque tous les vainqueurs dans les luttes politiques se perdent par l'abandon et le mépris des principes et des causes qui les ont fait triompher. A cette manifestation publique qui froisse l'orgueil des Lombards, des murmures éclatent sur tous les points du royaume ; les partisans de Bérenger et des agens de la cour de Germanie cherchent à augmenter l'irritation des esprits ; mais Guy, au milieu de ce mécontentement qui chaque jour s'accroît, ne semble préoccupé que d'une seule pensée.

Les empereurs carlovingiens associaient de leur vivant un de leurs fils à l'empire. Guy, autant sans doute pour se faire l'imitateur de Charlemagne , de Louis Ier et de Lothaire , que pour mieux assurer dans sa famille la transmission d'un pouvoir que sa présomption lui fait considérer comme pour toujours consolidé dans ses mains , Guy se dirige toup à coup vers Rome avec son fils Lambert, et va demander au pape de ploclamer ce fils son collègue au trône impérial.

Etienne V était mort sur ces entrefaites. Le pape Formose qui lui avait succédé , bien que moins favorable à Guy que son prédécesseur, dut se résigner à couronner ce jeune prince. « L'his- » toire , dit Giulini , n'offrant aucun exemple » qu'un empereur ait éprouvé un refus du Saint-

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