‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 83 sur 228 · LIVRE il. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE il. CHAPITRE II

mois de durée, est marqué par une scène odieuse. Etienne rassemble un concile cTévêques et de prêtres dignes de lui ; il fait exhumer le corps du pape Formose et commande qu'on l'apporte au milieu de l'assemblée. Le cadavre est placé sur un siège apostolique, près d'un avocat chargé de sa défense.

« Évêque de Porto, » dit d'une voix menaçante le pape Etienne à ces restes inanimés , « pourquoi l'ambition vous a-t-elle fait usurper » le siège de Rome ? »

Après ces paroles qui tiennent lieu de sentence , on dépouille le cadavre des vêtemens sacrés qui l'ont suivi dans la tombe ; on lui coupe la tête et trois doigts, et on jette dans le Tibre cette tête qui a porté la tiare. Tous les évêques ordonnés par Formose sont dégradés par Etienne. Chassé bientôt du siège pontifical qu'il souille et déshonore, ce déplorable pape est jeté dans une prison où il meurt étranglé (1).

Romain, Gallesin et Théodore ne font que s'asseoir et passent inaperçus sur la chaire de saint Pierre , qui enfin est dignement occupée

(1) Gaptus et ipse^ sacraque abieclus ab cède , tenehrîs carceris inicitur, vinclis que iniiectitiir atris, cl suiïocatum mido premit ultio leto. (Fuodoard, ann. 897.)

par Jean IX, pontife d'une grande sagesse et dune admirable piété (1).

Mais cette élection ne s'est pas consommée sans obstacles ; Jean IX a rencontré un dangereux compétiteur dans Sergius, qui , vaincu et chassé de Rome , cherche à son schisme un reluge en Toscane, auprès du marquis ou duc Adalbert,

La Toscane se reconnaissait vassale de Lambert ; le fils de Guy s'était prononcé en faveur de la candidature de Jean IX. Bientôt les bruits d'une révolte du duc Adalbert, fomentée par les intrigues de Sergius et l'ambition de Berthe, sa femme , fille de la fameuse Waldrade et de Lothaire de Lorraine (2) , viennent arracher le jeune empereur au repos qu'il goûte depuis quelques mois dans sa villa de Marengo (3).

Lambert, qu'ont aguerri trois ans d'une vie belliqueuse, réunit à la hâte une centaine de cavaliers pour les opposer à l'armée peu nombreuse d' Adalbert qui ose marcher sur sa capitale. Il attaque les Toscans à l'improviste et pendant la nuit, près de Borgo-san-Donino , entre

(1) Bérault-Bercastel, Hist. dei'Egl.,T. v, p. 19 et suiv. — Muratori, T. y, p. 208.

(2) Muratori, Ann. d'h., T. v, p. 207, anno 898.

(3) GlULim, lib. ix.

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