LIVRE II. — CHAPITRE II
fait qu'il rapporte n'est autre chose que le grand désastre éprouvé par Bérenger en 900 ? sur les bords de la Brenta. Les Hongrois firent encore , il est vrai , des courses en Italie , mais seulement quelques années plus tard. Nous verrons bientôt comment Bérenger chercha à tirer parti de la présence de ces dangereux nomades qui pesaient sur les frontières septentrionales de ses États , tandis que de nouvelles hordes de Sarrasins venus d'Espagne et jetés par la tempête sur les côtes voisines de ses provinces méridionales, s'emparaient d'un lieu (1) devenu depuis formidable aux populations chrétiennes de ces contrées. Les habitans,
(1) LlUTHPRAND, lib. i, cap. I , In italicarum provincialiumque confinio.
Quelques auteurs placent ce lieu en Provence ; le père Beretti le croit situé entre Nice et Monaco en Italie.
Ces deux assertions paraissent également fondées.
Un corsaire africain , poussé par la tempête sur les rochers du golfe de Sambracie en Provence , depuis appelé golfe de Grimaud, fit naufrage contre ces récifs. Perdant l'espérance de reprendre la haute mer, cet aventurier et ses compagnons, au nombre de vingt, se décidèrent à chercher un asile dans ces contrées. Les Maures s'étant enfoncés dans les terres , arrivèrent en face d'un antique château , nommé depuis la Garde-Fresnet , situé sur la sommité d'une roche escarpée , vis-à-vis l'ancienne Heraclea des Romains, aujourd'hui Saint-Tropez; favorisés par l'obscurité de la nuit, ils surprirent le fort , en égorgèrent la faible garnison, et s'établirent dans ce site réputé jusqu'alors inexpugnable ; d'autres forbans vinrent les y rejoindre , et formèrent , de concert avec eux, un établissement
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dit Muratori , contribuèrent par leurs folies à augmenter l'audace et la férocité de ces oiseaux de proie. La Provence déchirée par des dis sensions intestines , s'offrit elle-même à leur avidité. La Bourgogne , le Montferrat et les environs de Turin furent successivement ravagés pendant que le Capouan , les États de Rome et de Bénévent étaient en proie au même fléau.
Des hordes de Sarrasins s'étant fait un nouveau repaire sur les bords du fleuve Garigliano, non loin de Gaëte , l'avaient fortifié et en sortaient incessamment pour dévaster l'Italie méridionale. Les mêmes causes qui avaient livré
intermédiaire entre la France et la Ligurie, afin de pouvoir plus commodément se livrer à leurs brigandages.
Lorsque les environs de Saint-Tropez eurent été dévastés jusqu'au Var, et qu'ils n'offrirent plus d'aliment au pillage, les Maures se divisèrent en deux bandes: la plus nombreuse se retira à la Garde-Fresnet , l'autre s'empara du Port-Olive (Olivula), aujourd'hui Ville franche, entre Nice et Monaco ; détruisit ce village, en égorgea les habitans., et se fixa sur le promontoire du golfe de Saint-Hospice, position qui lui parut convenable pour établir une communication avec la Gardc-Fresnet ou le Grand Fraxinet. (Ce mot Fraxinet vient de l'arabe et signifie forteresse. ) Les barbares se retranchèrent, à l'aide de branchages et de fascines , sur les hauteurs qui dominent Saint-Hospice et Villefranche. Cette nouvelle forteresse devint en peu de temps aussi formidable que celle du golfe de Sembracie.
( Voir FUODOARD. — LlUTHPKAND. — MURATORF. —
Gifjlini. — Ruffi. — Papon, Hist. génér. de Florence. — Durante, Hist. de Nice, T. Ier, chap. m. — Berettf, Chorographia , T. x, Rerum italic.)