‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 101 sur 246 · LIVRE II. CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE Ier

thaire rétablit , en Lombardie, la loi de Luithprand si judicieusement abrogée par son aïeul. Au reste , ce prince publia plusieurs autres décrets imprudens et irréfléchis que son père , l'empereur Louis , comme nous le verrons , crut devoir abroger ou modifier.

Les biens ecclésiastiques n'étaient pas exempts de toute espèce de charge.

Tout individu jouissant de ces biens , fût-il comte , pourvu qu'il ne fût point indigent, payait les nones et les dîmes.

Le produit des dîmes était partagé en quatre portions : la première appartenait à l'évêque , la seconde au clergé > la troisième aux pauvres , la quatrième était réservée pour la réparation des établissemens destinés au culte.

Les esclaves , les aidions , dit Giulini , cultivant, non par fraude (1), mais par suite d'une extrême pauvreté , des fonds appartenant à l'Église, devaient n'être soumis à aucun impôt, à aucune charge ni à aucun service, soit public , soit privé.

Un décret de Lothaire autorisa chaque évoque et chaque abbé à avoir , comme conseils ,

(1) Des peines étaient prononcées (décret de Lothaire) contre quiconque cherchait par fraude à ne pas satisfaire aux charges publiques.

deux notaires qui étaient exempts de la milice pendant qu'ils exerçaient ces fonctions.

Les ecclésiastiques n'étaient justiciables d'aucun tribunal séculier, sauf dans certains cas exceptionnels. Les évêques étaient juges dans les causes où comparaissaient, comme parties, des gens d'Église.

Charlemagne, dans sa vieillesse, dit Voltaire, accorda aux évêques un droit dont son propre fds devint la victime. On fit accroire à ce prince que dans le Code rédigé sous Théodose, une loi portait que si de deux séculiers en procès, l'un prenait un évêque pour juge, l'autre était obligé de se soumettre à ce jugement sans en pouvoir appeler. Le même historien ajoute : « Cette loi, qui n'avait jamais été exécutée, passe chez tous les critiques pour supposée; elle est la dernière du Code théodosien, sans date et sans nom de consul ; elle a excité une guerre civile sourde entre les tribunaux de la justice et les ministres du sanctuaire (1). »

Si les évêques se refusaient à faire justice quand il s'agissait de la revendication par un laïque de biens retenus injustement par des ecclésiastiques, on en appelait aux comtes el aux

(1) Voltaire, Ess. surl'Hïst. générale, T. rr, cliap. xvi.

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