LIVRE II. CHAPITRE 1er
le prévenu s'était enfui • il devait solennellement le jurer.
Un décret porte que nul ne pouvait embrasser l'état ecclésiastique ou monastique sans la permission du souverain. Cette disposition avait pour but de prévenir des abus dont nous avons eu déjà l'occasion de parler, et d'atteindre ceux qui voulaient entrer dans l'Église ou se faire moines non par dévotion, mais pour se soustraire au service de la milice ou aux charges publiques ; elle tendait aussi à protéger ceux qui ne se décidaient à prendre les ordres sacrés que par la suggestion d'individus dont la cupidité convoitait leurs biens. Les instigateurs , dans ce cas, étaient passibles de peines sévères.
De même que quiconque cherchait à faire laisser aux églises, au détriment des enfans et des époux, le bien d'un testateur, devait être rigoureusement puni , et la donation était nulle.
Les esclaves, pour pouvoir se faire prêtres, ou moines, ou religieuses, devaient avant tout avoir l'autorisation de leurs maîtres ; il était recommandé à ces derniers d'être sobres pour ces autorisations , afin de ne pas rendre les campagnes désertes, et de ne pas entraver, par le manque de bras, les travaux de la terre.
Des châtimens sévères étaient infligés à ceux
qui faisaient tonsurerdes enfans sans l'autorisation de leurs familles.
On ne devait point admettre comme religieuses, des personnes trop jeunes pour apprécier l'importance d'une telle résolution.
Une loi lombarde ne permettait aux veuves de prendre le voile monastique qu'un an après la mort de leur mari. Charlemagne, par un décret dont on ne comprend pas le motif , abrogea cette sage disposition; et une veuve, pour se faire religieuse , ne fut plus astreinte à aucun délai.
Les prêtres ne pouvaient remplir l'office de notaire ou de greffier, ni être fermiers de leurs seigneurs.
Les ecclésiastiques, qui avaient osé administrer de l'huile sainte à quelqu'un pour opérer des sortilèges dans les jugemens , devaient perdre la main.
Certaines dispositions d'un décret de Louis II, rendu en diète solennelle réunie à Pavie l'an 855 , révèlent d'autres étranges abus auxquels il importait de remédier.
Les nobles possédaient dans leurs châteaux des oratoires particuliers où officiaient des ecclésiastiques de leur choix ; quelques uns de ces officians étaient des prêtres supposés cl non consacrés. Un tel désordre appela touUt la sol