‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 104 sur 246 · LIVRE II. CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE

licitude de Louis II et de la diète , qui virent aussi , dans l'existence des oratoires particuliers , l'inconvénient grave de dispenser les grands seigneurs de se rendre à l'église commune , où ils eussent pu apprendre les dogmes de la religion.

Défense fut faite aux évêques , par ce même décret , de vivre avec des femmes suspectes , d'usurper des immeubles appartenant aux cures et succursales de leurs paroisses (diocèses), et de montrer trop de partialité en faveur de leurs parens et amis.

Les prêtres pouvaient librement disposer de ce qui leur appartenait avant d'avoir reçu les ordres , mais tout ce qu'ils avaient acquis depuis leur admission dans le sacerdoce, devait rester à l'Église.

Les archevêques et les évêques devaient statuer sur les donations faites en faveur des églises ou autres établissemens religieux , aussi bien que des hospices. Le souverain était ensuite appelé à donner sa sanction.

Ces donations devenaient de plus en plus fréquentes ; les fondations de nouveaux hospices et de nouvelles églises (1) se multipliaient de

(1) D'après un usage de ces temps reculés, dit Giilim, fes églises fondées à Milan ajoutaient au nom des saints

toutes parts. Les abbayes regorgèrent bientôt de richesses : on vit leurs supérieurs rivaliser souvent de luxe en serfs et en vassaux avec leurs évêques, qui, eux-mêmes à cet égard, ne le cédaient en rien aux ducs et aux comtes les plus puissans.

Nous avons dit que les évoques n'étaient pas seulement tenus (1) de veiller à ce que les moines , les religieuses et les abbesses vécussent selon le règlement de leurs ordres , et le clergé

et des saintes, sous l'invocation desquels elles étaient élevées, le nom de leur fondateur qu'elles ont conservé plus ou moins altéré , à travers tant de siècles.

Ainsi, Santa-Maria di Pedone fut fondée par un certain JVerolfo di Podone. Il en est de même des églises di Santa- Maria di GlSONE , di Santa-Maria di Bertrade. L'église di Santa-Maria Segreta, à Milan, paraît n'avoir été ainsi appelée que parce que son modeste fondateur voulut se couvrir du voile de l'anonyme. Il est à présumer que le même usage existait dans les autres villes d'Italie.

(1) Pépin imposa ce devoir sous peine à' excommunication.

Muratori s'étonne que cette menace soit faite par un roi, sans réfléchir que le décret du fds de Charlemagne avait été rendu dans un synode où assistaient tous les évêques du royaume. Ce concours des évoques explique comment les Capitulaires renferment des instructions aux' prélats sur les devoirs de leur ministère.

Nous croyons devoir faire remarquer que, dès le \ Ie siècle, nos rois avaient exercé le droit de convoquer des conciles en France ; les rois de la seconde race non seulement les convoquaient, mais y assistaient ci étaient les arbitres cl les moteurs de tout ce qui s'y passait. L es monarques francs, maîtres de l'Italie après Charlemagne, indiquèrent descoty

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