‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 106 sur 246 · LIVRE II. — CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE Ier

selon les canons de l'Église ; ils n'étaient pas seulement obligés à faire respecter la discipline ecclésiastique et à surveiller l'administration des établissemens religieux , ils rendaient comme juges, des sentences non seulement dans les affaires ecclésiastiques , mais encore dans des cas graves qui semblaient plutôt devoir être du domaine de la justice séculière.

A ce double caractère d'administrateurs ecclésiastiques et de juges , ils joignaient cette puissance que donnent de grandes richesses et de nombreux vassaux. Enrichis par les dons fréquens des souverains , ils leur devenaient quelquefois redoutables : les rois et les empereurs, qui avaient augmenté leur importance en les comblant de largesses et en les appelant aux diètes générales , durent souvent publier des décrets pour réprimer leur ambition toujours croissante , et les contraindre à vivre en bonne intelligence avec les comtes et les ducs.

S'il est vrai de dire que, dans plusieurs capitulâmes des premiers rois de la seconde race, les

ciles dans ce pays. Des papes, conformément aux ordres du prince, y assistèrent quelquefois.

Les papes les plus respectables ont reconnu ce droit dans la personne de nos rois. *

* Diction, de l'Encyclop., art. Concile.

lumières et l'expérience de quelques membres du haut clergé inspirèrent de salutaires dispositions législatives aux souverains; que les monastères furent, à cette époque, l'asile de la science et des hardiesses de la pensée ; que , de ces retraites , Charlemagne tira la lumière pour la faire jaillir sur le monde ; si nous aimons à reconnaître que , lorsque les malheurs des temps eurent replongé l'Europe dans l'ignorance et la barbarie , les couvens furent encore le refuge où ce dépôt sacré s'abrita pour reparaître aux yeux des hommes dans des jours meilleurs ; s'il est encore vrai de dire que , pendant le ixe siècle, la sagesse des évoques d'Occident prémunit cet empire des déplorables schismes qui déchiraient l'Orient, et que des missionnaires chrétiens , en répandant dans le nord de l'Europe les doctrines du christianisme, y jetèrent les germes d'une civilisation dont tant de peuples sont aujourd'hui si fiers, on doit reconnaître aussi que ce même clergé, par trop de puissance et un insatiable besoin d'influence dans les affaires temporelles, causa bien des perturbations parmi les peuples, et neutralisa en quelque sorte, pour cette époque, le bien qu'avaieni préparé la science, la sagesse e1 les vertus <l<k plusieurs de ses membres.

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