LIVRE II. — CHAPITRE II
ïessortaient immédiatement des comtes et des juges (1).
Chaque ville et les autres lieux où se payaient des rentes revenant au comté , avaient un gastaldus ou castaldus pour les recevoir.
Les sculdasii ou tribuni (2) dirigeaient l'administration de plusieurs bourgs ruraux.
Les centenarii (centeniers) administraient les communes rurales que l'on appelait cenlenœ , parce qu'elles étaient habitées par cent familles environ. Sous les centenarii étaient les decani qui présidaient à un district comptant dix familles et s'appelant decania (3).
Enfin , les comtes avaient encore sous leur autorité des agens inférieurs, tels que des saltarii (gardes-bois) , falconieri (gardes-chasse) , etc., etc.
Les rois allaient eux-mêmes inspecter parfois les ducs et les comtes gouverneurs , auxquels ils
(1) On trouve toutefois, dans les vieilles annales, des jugemens sur la liberté d'individus qui prétendaient n'être point esclaves d'un autre se disant leur maître , rendus par des gastaldï et autres agens inférieurs en l'absence des comtes. — Giulini cite un de ces jugemens, T. Ier, pag. 139 et suivantes.
(2) Giulini pense que ces deux dénominations s'appliquaient aux mêmes agens.
(3) Chez les Anglo-Saxons gilds et tythings (association de dix familles). — Lingard., Hist. dÀngl.
avaient accordé leur confiance ; ils entendaient, dans ces occasions , les plaintes et les observations de leurs sujets. Leur surveillance s'étendait aussi sur les évoques et les établissemens religieux. Ils envoyaient le plus souvent à leur place des commissaires royaux avec lettres expresses : on appelait ces agens supérieurs missi dominici.
Giulini fait observer que cet usage des rois d'inspecter eux-mêmes leurs provinces, ou d'envoyer des commissaires , était onéreux pour les populations qui avaient à supporter les frais de ces tournées; mais il ajoute, toutefois, que la crainte de perdre leur emploi , par suite d'une mauvaise gestion , constatée dans des inspections souvent inattendues, rendait les gouverneurs plus exacts et plus zélés dans l'accomplissement de leur devoir. Nul doute qu'il ne se soit rencontré trop souvent des commissaires royaux qui, trahissant par leurs exigences ou leurs prévarications la confiance du souverain, firent qu'une institution éminemment protectrice pour les sujets, tournât au préjudice de ceux-là même dont elle avait pour but d'améliorer le sort. Toute mesure , quelque bonne et utile qu'elle puisse être en elle-même , esl hérissée de vices et d'abus, du moment où IVxécu-