LIVRE II. CHAPITRE II
Les commissaires royaux étaient ecclésiastiques ou séculiers.
Les commissaires appartenant à Tordre ecclésiastique y surveillaient les évoques et contrôlaient l'administration des monastères , des hospices , des pauvres et des voyageurs , surtout dans les montagnes, où les hôtelleries étaient si rares à cette époque (1).
Les comtes gouverneurs étaient souvent envoyés , comme commissaires royaux, hors de leur gouvernement, pour inspecter d'autres comtés : il en était de môme des évoques. Quand tout
des ornemens , des meubles , des vêtemeus de moines , et d'avoir chassé de leurs églises les moines eux-mêmes.
Deux avocats , chargés de la cause de l'évêque , n'opposèrent aucune dénégation aux faits articulés , et dirent, au nom de leur client, que ces agens avaient l'habitude et le droit, quand ils allaient chanter les offices dans les églises eu question, d'être hébergés et nourris aux frais du monastère de Saint-Ambroise; que l'établissement n'ayant pas satisfait à cette obligation , dans la circonstance présente , ils avaient dû prendre des gages et emporter des objets appartenant audit monastère.
L'abbé de la basilique de Saint-Ambroise répliqua, que les localités , où s'étaient commises ces violences, n'avaient jamais dépendu de l'évêquede Cômo; que jamais elles n'avaient été soumises envers ce prélat à arc un tribut , de quelque nature que ce fût, et, conséquemment , à la redevance réclamée , dans l'espèce , par les gens de l'évêché de Cômo; ce qui ayant été prouvé, gain de cause fut donné au monastère de Saint-Ambroise.
(1 ) Cette dernière et charitable recommandation se trouve dans un capitulaire de Louis IL
était régulier et en ordre dans un comté, dans une paroisse ( diocèse ) ou tout autre gouvernement , soit ecclésiastique , soit civil , les commissaires ne faisaient qu'y passer, et n'avaient à convoquer aucune assemblée.
Dans le cas où un comte , un évêque , un abbé ou tout autre fonctionnaire supérieur, aurait négligé quelque devoir important, commis quelqu'injustice ou quelqu' exaction contre un individu ou communauté, déni de justice, par exemple, ou usurpation du bien d'autrui, abus trop fréquens alors, les commissaires royaux devaient, d'après un décret de Louis-le-Débonnaire , s'arrêter sur les terres du fonctionnaire accusé, et vivre, eux et leur suite, à ses dépens, jusqu'à ce que l'obligation imposée fût remplie, ou que le bien injustement détenu fût restitué , et cela sans préjudice des peines portées contre les délits signalés.
En France , les rois envoyaient aussi quelquefois des vassaux royaux dans les provinces, pour assister les comtes dans l'administration de la justice et autres affaires publiques. Nous verrons plus tard que cet usage s'introduisit en Lombardie.
Lorsque les vassaux royaux étaient ainsi en voyés par le roi, ils recevaienl , au lieu de l<'m