‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 114 sur 246 · LIVRE II. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE II

Ce fut aussi une atteinte mortelle portée à la puissance des rois de la seconde race. En effet, les arrière-fiefs, tant que le fief principal était amovible , ou qu'il revenait au prince après la mort du vassal, dépendirent, sinon immédiatement, au moins d'une manière médiate, de l'autorité royale , toujours présente et maîtresse à travers les mutations des divers grands vassaux qui concédaient ces bénéfices et qui pouvaient changer les arrière-vassaux. L'immutabilité du fief dans les familles concentra sur ces familles le dévouement de l'arrière-vassal, qu'elle isola complètement de la couronne du moment où il ne vit plus, dans le roi, le premier et le plus puissant arbitre de sa destinée.

Cette successibilité, accordée d'abord par insigne faveur, fut ensuite réclamée comme un droit à mesure que l'autorité royale s'affaiblit : elle eut plus tard la force d'une coutume. La puissance des carlovingiens subit la loi de son origine; le génie féodal qui l'avait créée en France , l'étreignit bientôt de ses bras puissans et l'étouffa ; ces désordres eurent du retentissement et de l'influence en Lombardie, où le même principe amena les mêmes conséquences.

Les vassaux royaux , à l'exception de ceux qu'envoyaient extraordinairement les souverains

pour administrer concurremment avec les comtes dont ils étaient les égaux dans ce cas j étaient ordinairement subordonnés aux comtes et soumis à leur juridiction (1).

Les comtes et les commissaires royaux veillaient à ce que ceux des vassaux royaux qui tenaient quelque bénéfice du roi en biens fonds, rendissent bon compte de leur gestion. Si les fonds composant le bénéfice étaient mal tenus, et si, un an après avoir été avertis de les mieux gérer, les vassaux n'avaient rien fait pour les empêcher de se détériorer, les comtes et les commissaires royaux avaient le droit de les leur retirer.

Les évêques , les comtes, les abbés, les monastères eurent bientôt aussi leurs vassaux (2),

(1) On trouve beaucoup de jugemens rendus par les comtes avec les vassaux : ce qui les faisait appeler vassaux des comtes, quoique, dans le vrai , ils fussent les vassaux du roi.

Giulini , comme nous le verrons en parlant de la composition des tribunaux présidés par les comtes , fait mention des vassaux des comtes ; il est probable qu'il eût dit avec plus d'exactitude , vassaux du roi.

(2) Ces vassaux , comme les agens inférieurs , * avaient aussi le nom générique de juniorcs , en opposition au titre de senior, que ces mêmes vassaux ou agens donnaient, comme marque de respect, à leur comte, Giulini fait déril

* Dans ce cas les dénominations de seniores el dejuniores^ <lr valent correspondre ;i nos récentes distinctions d'agens supérieur* ri d'agens subalternes.

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