LIVRE II. CHAPITRE II
Des écrivains ont affirmé que le fils de l'affranchi (1) était pleinement libre à tous égards. Il résulte des recherches du comte Giulini, qu'au moins enLombardie les fils d'affranchis n'étaient habiles à succéder qu'à la troisième génération.
Montesquieu distingue deux sortes de servitude : la réelle et la personnelle.
La réelle est celle qui attache l'esclave au fonds de terre.
La servitude personnelle regarde le ministère de la maison ; elle met un individu et sa famille sous la dépendance servile d'un autre individu.
Les Germains , d'après Tacite , ne connaissaient que la servitude réelle. Les serfs n'avaient point d'office dans la maison ; ils rendaient à leur maître une certaine quantité de blé, de fruits , de bétail , d'étoffe ou d'argent.
Si , après l'irruption en Europe des peuples germaniques , on vit encore quelques servitudes personnelles , cela vint de la tolérance , dans quelques contrées , de la loi romaine qui les admettait.
Les serfs , établis par la loi salique dans la Gaule, et sous les rois francs en Lombardie, étaient de deux sortes.
(1) Voyez le Dict. de V Académie , art. affranchi, t. I. 16
Ceux que Ton appelait adscripti glebœ, espèce de fermiers qui cultivaient les terres d'un seigneur pour leur compte, moyennant une rétribution qu'ils rendaient au propriétaire pendant leur bail ; et ceux appelés addicti glebœ j vrais serfs , cultivant la terre pour le propriétaire ou seigneur, et restant attachés pour toujours à cette terre.
On était serf de naissance si on avait pour père un serf; on le devenait quelquefois par décision juridique pour quelque méfait ; des vaincus étaient réduits en état de servitude par les vainqueurs. Enfin, on devenait serf en se vendant à un maître qui vous attachait à la glèbe.
En Lombardie , les serfs n'allaient pas à la guerre (1).
Si certains peuples exemptaient les esclaves du service des armes , ce n'était point par un
(1) M. de Doulainvillier dit, qu'en France aussi les serfs ou esclaves étaient exclus du service militaire. Le chevalier de Jaucourt * n'est pas de cet avis , mais n'appuie d'aucune preuve l'assertion contraire.
Nous avons vu que les Goths, se trouvant trop faibles en Kspagne , obligèrent tous les affranchis du fisc à prendre les armes. La même raison leur fit ordonner aussi à chaque (ioth , de mener à la guerre et d'armer la dixième partie de ses serfs. ( Liv. v , T. Mil , § k20. )
' Diei. de l'Kneyeio/).. art. Ksci.ava<;r.